Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, est monté au créneau pour démasquer Jean-Marc Kabund, ancien président intérimaire du parti présidentiel devenu opposant. Dans un meeting explosif devenu viral, Kabuya a lancé des accusations lourdes contre Kabund : trahison, enrichissement personnel et duplicité politique.
« Kabund parle d’un régime des jouisseurs. Mais s’il y a un jouisseur dans ce régime, c’est bien lui », a martelé Kabuya devant ses partisans. Il a rappelé les débuts modestes de Kabund, arrivé à Kinshasa depuis Kamina, avant de s’enrichir au point de construire un château luxueux à Kingabwa. « Qu’il nous dise combien a coûté son château », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Mais Kabuya ne s’est pas arrêté là. Il a révélé que malgré son discours d’opposant radical, Kabund aurait envoyé en secret un émissaire, Moïse Katshibuyi, pour demander pardon au président Félix Tshisekedi. Kabuya affirme avoir lui-même assisté à deux de ces rencontres discrètes, et cite plusieurs témoins de la scène. « Il n’a pas triomphé devant la justice », a-t-il insisté, rappelant que Kabund n’avait purgé qu’une partie de sa peine de sept ans, après des condamnations pour offense au chef de l’État et propagation de faux bruits.
Plus étonnant encore, Kabuya a comparé Kabund à Corneille Nangaa, ancien président de la CENI, tous deux étant soupçonnés de conflits autour de carrés miniers avec le pouvoir en place. Une comparaison qui alimente le débat : Kabund est-il un véritable opposant victime du régime, ou un ancien privilégié rattrapé par ses propres compromissions ?
Pendant ce temps, l’Alliance pour le Changement, parti de Kabund, vient tout juste d’obtenir son enregistrement officiel après trois ans de bataille administrative. Kabund promet de défendre désormais la justice sociale et la lutte contre la corruption.

