Le débat sur l’avenir de la Loi fondamentale congolaise vient de franchir un nouveau palier. Samedi 7 mars 2026, Augustin Kabuya, Secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, a officiellement confirmé devant la base du parti que la Constitution sera retouchée (révisée ou changée). Une question qui demeure toujours sensible au regard des enjeux colossaux auxquels le pays est confronté.
Relancé, en effet, par le professeur et Sénateur de l’Union Sacrée (méga-plateforme présidentielle), Modeste Bahati Lukwebo, le débat autour de la Constitution et l’avenir du président Félix Tshisekedi a refait surface sur base des fonds de fortes tensions et divisions au sein du microcosme politique. D’ailleurs, cette position coûterait prochainement la tête de l’ancien ministre de l’économie de son poste du 2ème vice-président de la chambre haute de la RDC.
Un droit de « retouche » revendiqué
S’adressant aux militants du parti présidentiel, le chef de file de l’UDPS a brisé les tabous entourant la révision du texte constitutionnel. Pour Augustin Kabuya, il ne s’agit pas d’une exception, mais d’une continuité historique. Il a notamment rappelé que les anciens chefs d’État, de Mobutu à Joseph Kabila, en passant par Mzee Laurent-Désiré Kabila, ont tous procédé à des réajustements du texte fondamental durant leurs mandats respectifs.
« Mobutu l’a révisée 17 fois. Mzee Laurent-Désiré Kabila l’a modifiée 3 fois et Joseph Kabila l’a également modifiée. Alors, au nom de quel principe le régime de l’UDPS serait-il interdit de toucher à la Constitution ? », a-t-il lancé avec insistance.
Un sujet sous haute tension
Cette sortie médiatique intervient alors que la scène politique congolaise est déjà en ébullition autour de cette thématique. Promulguée en 2006 après une période de transition post-conflit, la Constitution actuelle est perçue par une partie de l’opinion comme un verrou démocratique sacré, tandis que le pouvoir semble désormais y voir des limites à l’action gouvernementale.
Si l’UDPS affirme aujourd’hui sa détermination à « toucher » au texte, les modalités et l’ampleur de ces futures modifications restent à définir. En République Démocratique du Congo, toucher à la Constitution demeure une manœuvre délicate, souvent synonyme de vives contestations au sein de la société civile et de l’opposition.

