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65e anniversaire de l’indépendance : Joseph Kabila effacé des hommages officiels, polémique sur la mémoire nationale

 

Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) célébrait ce 30 juin le 65ᵉ anniversaire de son indépendance, une polémique inattendue est venue ternir l’unité symbolique qu’inspire traditionnellement cette journée : l’absence remarquée de l’ancien président Joseph Kabila Kabange sur une affiche officielle diffusée par la RTNC, la télévision nationale.

Sur le visuel, censé rendre hommage aux « figures marquantes » de l’histoire congolaise, apparaissent Joseph Kasa-Vubu, Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila et l’actuel président Félix Tshisekedi. Mais aucune trace de Joseph Kabila, qui a pourtant dirigé le pays sans interruption pendant 18 ans, de 2001 à 2019 — une période charnière marquée par la fin d’une guerre régionale et la première alternance pacifique du pouvoir depuis l’indépendance.

Un silence visuel lourd de sens ?

Pour de nombreux internautes, journalistes et analystes, cette omission ne peut relever du simple oubli. Beaucoup y voient un message politique, voire une volonté à peine déguisée de « réécrire » l’histoire récente. Un détail a particulièrement choqué : même Mobutu, pourtant resté longtemps persona non grata dans la mémoire officielle, figure sur cette affiche. De quoi alimenter spéculations et critiques.

Derrière cette image, certains pointent la responsabilité de la RTNC et de ses dirigeants actuels. Pour de nombreux anciens étudiants, voir ceux qui leur enseignaient l’éthique et la rigueur historique céder à une manipulation de la mémoire collective est une blessure profonde.

Un choix qui interroge l’avenir de la mémoire nationale

« Comment parler de devoir de mémoire si l’on cède à la manipulation de l’image au nom du pouvoir ou de l’argent ? », s’interroge un ancien étudiant de l’IFASIC, amer face à ce qu’il qualifie de « falsification sélective de l’Histoire ». Derrière cette question se cache un malaise plus large : celui d’une génération pour qui la vérité historique ne devrait pas se négocier ni se plier aux intérêts politiques du moment.

Ce choix, qu’il soit volontaire ou non, pose une question cruciale : quelle leçon transmet-on aux générations futures ? Que la vérité est malléable ? Que l’Histoire s’écrit au gré des rapports de force ? Que le pouvoir peut tout justifier, y compris l’effacement symbolique de 18 ans de gouvernance ?

Un appel à la responsabilité collective

Au-delà de l’indignation, certains appellent à un sursaut. « L’Histoire du Congo mérite mieux que des arrangements politiques. Elle mérite la vérité. Elle mérite le courage », conclut l’un des observateurs interrogés. Si la nation veut construire une mémoire collective solide et apaisée, encore faut-il que ses gardiens — médias, éducateurs, institutions — aient le courage de dire et de montrer toute la vérité, sans complaisance ni calcul.

À l’heure où la RDC tourne une nouvelle page de son histoire, le traitement de son passé reste un test majeur pour sa démocratie. Et pour ses journalistes.

Fin

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