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Politique

Polémique autour de la présence du Mgr Fulgence Muteba à l’anniversaire de Corneille Nangaa !

 

Ça fait débat, la présence du président de la commission Episcopale du Congo, Mgr Fulgence Muteba. Sa présence est-elle perçue comme un berger au milieu des brebis perdues ou faut -il le voir comme un complot contre la République ?

À Goma, samedi 12 juillet 2025, Mgr Fulgence outeba, président de la Commission Épiscopale du Congo, a été aperçu aux côtés de Corneille Nangaa, coordonnateur de la coalition rebelle AFC-M23 et RDF, lors de l’anniversaire de ce dernier. Une présence qui fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux.

Dans un contexte où Bukavu et Goma vivent encore sous la menace de groupes armés, certains Congolais peinent à comprendre qu’un haut représentant de l’Église catholique puisse se trouver aux côtés d’un acteur clé de la rébellion. Pour eux, l’Église devrait demeurer au-dessus de tout soupçon et incarner la neutralité et la réconciliation.

Pourtant, nombreux sont ceux qui rappellent qu’aucune brebis ne doit être abandonnée. « Jésus-Christ est venu pour sauver les brebis perdues », affirment des fidèles, pour qui un prêtre doit pouvoir tendre la main, même à celui qui s’est égaré. Assister à un anniversaire, disent-ils, n’est pas synonyme d’adhésion à une cause armée, mais peut être un signe de dialogue et d’appel au retour à la paix.

Il faut dire que les prêtres et évêques de la CENCO sont déjà très mal vus par une partie de l’opinion congolaise, souvent manipulée. Récemment encore, le cardinal Fridolin Ambongo a essuyé des critiques après avoir exprimé ses réserves sur l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, conclu avec l’intervention de Donald Trump. Pourtant, comme le rappellent plusieurs observateurs, les évêques restent fidèles à leur mission prophétique.

Lors d’une conférence tenue le vendredi 11 juillet à Kinshasa, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des conflits : « Dans un processus de paix, si on ne cherche pas les causes profondes, on ne fait rien du tout », a-t-il déclaré. Pour Mgr Nshole, l’accord de Washington ignore ces racines multiples, qu’elles soient sociales, historiques ou communautaires.

Aux côtés de Mgr Nshole, Thomas Luhaka et le professeur Tshibangu Kalala ont enrichi le débat en évoquant les limites de cet accord et la nécessité d’un cadre de gouvernance adapté. Le pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, initiative de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC), vise d’ailleurs à offrir un espace de réflexion pour construire une vision partagée de l’avenir.

Dans la foulée de cette controverse, une autre opinion estime que, dans les jours à venir, la CENCO sera certainement appelée à clarifier sa position. Mais pour beaucoup, le geste de Mgr Fulgence Muteba reste celui d’un berger qui refuse d’abandonner ses brebis, même perdues, et qui garde foi en la réconciliation.

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