À Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, une manifestation a été violemment réprimée le lundi 8 septembre. Un bilan provisoire fait état d’un mort et de plusieurs blessés.
La marche avait été organisée par les Wazalendo et la société civile. Son objectif était de réclamer le départ du général de brigade Olivier Gasita. Celui-ci venait d’être nommé commandant adjoint de la 33ᵉ région militaire, chargé des opérations et renseignements.
Les manifestants se rendaient à l’hôtel Suzana, où séjourne l’officier. Ils avaient, au préalable, déposé un mémorandum à la mairie d’Uvira. Le cortège a été dispersé par les FARDC devant le quartier général de la 33ᵉ région militaire.
Le général Gasita est accusé par ses détracteurs d’avoir facilité la prise de Bukavu par l’AFC-M23. Il lui est également reproché d’avoir quitté la ville lors de l’offensive rebelle. Son installation à Uvira, zone stratégique, est perçue comme un danger pour la sécurité locale.
La société civile affirme détenir des preuves de sa complicité présumée. Des communiqués et un mémorandum ont été envoyés à la présidence pour exiger son départ.
Malgré ces accusations, les FARDC ont réaffirmé leur soutien au général Gasita. Lors d’un point de presse, leur porte-parole l’a décrit comme un défenseur de la patrie.
Cette contestation place le président Félix Tshisekedi face à un dilemme politique et sécuritaire. Céder à la pression populaire pourrait affaiblir l’autorité de l’État. Refuser risquerait d’aggraver les tensions et de relancer la violence dans la ville.
La crise d’Uvira illustre la méfiance croissante envers l’armée nationale dans l’Est du pays. Des rumeurs d’infiltration et d’incompétence circulent de plus en plus au sein des FARDC. La confrontation oppose désormais l’armée régulière à des milices locales qu’elle a elle-même appuyées contre le M23. Les activités économiques et sociales sont paralysées.
Le climat reste tendu
De nouveaux affrontements ne sont pas exclus si aucune solution n’est trouvée. L’avenir sécuritaire d’Uvira dépendra de la décision présidentielle. Un choix devra être fait entre maintien de l’autorité militaire et apaisement des tensions locales. Les observateurs préviennent qu’un mauvais calcul pourrait déstabiliser toute la région.
AKAMUS

