À la veille de la session ordinaire de septembre, prévue le 15 septembre 2025, la tension monte au sein de l’Assemblée nationale. Plusieurs députés, regroupés en collectif, ont confirmé avoir lancé une pétition visant la destitution de Vital Kamerhe et des membres de son bureau.
Selon eux, le président de la chambre basse est accusé d’entraver le travail parlementaire par une gestion jugée opaque et autoritaire.
Les élus reprochent notamment à Vital Kamerhe de bloquer les motions, les questions orales et les interpellations adressées au gouvernement. Certains parlent d’un style de gestion proche du diktat. Pour Crispin Mbindule, l’actuel speaker de l’Assemblée nationale ne devrait plus occuper ce poste et devrait laisser place à une nouvelle équipe dirigeante.
Le collectif de pétitionnaires, conduit par Samuel Yumba, affirme avoir déjà réuni plus de 200 signatures en seulement cinq jours. Ce nombre suffirait pour rendre recevables les différentes pétitions introduites. Pour eux, il s’agit d’une démarche parlementaire normale qui ne devrait pas être interprétée comme une manœuvre géopolitique. Ils insistent sur le caractère interne de cette initiative, relevant uniquement du fonctionnement de l’institution.
Dans leur stratégie, ces députés ont officiellement sollicité l’appui de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), première force politique de la majorité. Ils estiment que le soutien du parti présidentiel est essentiel pour mener leur action à terme. Mercredi 10 septembre, une délégation a ainsi rencontré Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS.
Au terme de cette rencontre, Kabuya a indiqué qu’il rendrait compte au chef de l’État, Félix Tshisekedi, avant toute prise de position. Selon lui, il s’agit d’une démarche politique et parlementaire qui requiert l’arbitrage de la plus haute autorité du parti. Les initiateurs des pétitions disent compter sur cette médiation pour consolider leur action.
La session parlementaire de septembre, traditionnellement consacrée au budget, s’annonce donc tendue. Outre le contrôle de l’exécutif et la crise sécuritaire persistante dans l’Est, le sort de l’actuel bureau de l’Assemblée nationale pourrait bien dominer les débats. Tout dépendra désormais de la position que prendra Félix Tshisekedi après avoir été informé par son secrétaire général.
Aubin Kandembi

