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Sécurité

RDC : L’Est toujours en feu, FARDC et rebelles s’accusent mutuellement !

Malgré des pourparlers menés à Doha (Qatar) et un accord signé entre la RDC et le Rwanda à Washington, les combats se poursuivent et les deux camps s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.  

Les Forces armées de la RDC (FARDC) dénoncent une série d’attaques menées par la coalition qu’elles qualifient de « RDF/AFC/M23 » dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, citant des assauts récents sur Chanzikiro, Nkambi (Kisimba, Walikale) et Sisa (Kalehe). Le communiqué militaire détaille des frappes répétées les 17, 18 et 19 septembre, et parle d’un schéma d’attaques coordonnées contre des positions défensives. (Critical Threats)

De leur côté, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) accuse les forces gouvernementales d’avoir bombardé des zones peuplées notamment Bibwe, Nyange, Hembe et leurs environs — en recourant, selon elle, à un drone CH-4 et à des rotations d’un Sukhoi SU-25, faisant plusieurs victimes civiles. Le mouvement affirme se placer en « état de légitime défense » et dénonce ce qu’il appelle une « épuration ethnique » et la complicité de la communauté internationale.

Ces accusations croisées compliquent la mise en œuvre des accords négociés : un traité bilatéral entre Kinshasa et Kigali a été signé cet été avec l’appui des États-Unis, tandis que Doha accueille des discussions séparées impliquant les rebelles mais les mécanismes d’application peinent à produire des résultats tangibles. Des observateurs internationaux relèvent que, malgré les textes signés, les incidents armés et les mouvements de troupes persistent sur le terrain.

Les rapports indépendants et les images publiées sur les réseaux sociaux montrent aussi que les groupes armés exhibent des recrutements et des renforts, alimentant la crainte d’une reprise à grande échelle des hostilités et rendant incertaine la tenue d’une paix durable. Les ONG et agences humanitaires alertent sur le coût humanitaire : milliers de déplacés, villages vidés et civils pris au piège des lignes de front.

Face à cette montée des tensions, les acteurs internationaux, médiateurs qataris et américains, l’Union africaine et l’ONU, appellent au respect immédiat du cessez-le-feu et à la reprise rapide des mécanismes de vérification. Mais pour l’heure, la défiance entre Kinshasa et les groupes rebelles continue d’alimenter les violences et de miner le fragile espoir d’un règlement politique.

Sur le papier, il existe des accords et des plateformes de dialogue ; sur le terrain, les armes parlent toujours. Tant que les accusations de bombardements et d’attaques ne seront pas évaluées par des observateurs indépendants et que les obligations des parties signataires ne seront pas mises en application, la paix restera fragile et les populations, elles, paieront le prix fort.

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