La présence de Claude Ibalanky Ekolomba à Goma, aux côtés de Corneille Nangaa et de Bertrand Bisimwa, continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Samedi 31 janvier, l’ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba a reconnu avoir formulé une « offre » à Corneille Nangaa, tout en niant, pour l’instant, toute adhésion formelle à la rébellion de l’AFC/M23.
« Je n’ai pas encore rejoint l’AFC/M23. Si le coordonnateur accepte mon offre et me propose une formule de collaboration, je l’évaluerai », a déclaré Claude Ibalanky depuis Goma, laissant planer le doute sur ses intentions réelles. Se présentant comme un homme de paix, il affirme être animé par une démarche de dialogue et dit vouloir « mettre fin à l’hémorragie » dans l’Est du pays.
Ancien proche du président Félix Tshisekedi, Claude Ibalanky est une figure connue des cercles diplomatiques et politiques. Originaire du Kwilu, il a longtemps œuvré dans les coulisses du pouvoir, notamment en facilitant des contacts entre l’opposition congolaise d’alors et plusieurs capitales de la région. Il a également été cité parmi les artisans de la coalition FCC-CACH conclue en 2018.
Nommé ambassadeur itinérant du chef de l’État en mai 2023, il a vu son influence décliner rapidement, avant de lancer le regroupement politique Réveil Populaire (REPOP), qui soutenait la candidature de Félix Tshisekedi à un second mandat. Toutefois, après les élections de décembre 2023, ce regroupement a contesté les résultats des législatives publiés par la CENI, marquant une rupture progressive avec le pouvoir.
Dans une série de messages publiés sur le réseau X, Claude Ibalanky a dénoncé son « exclusion » et défendu ses prises de position, affirmant n’avoir jamais été impliqué dans des actes de corruption ou de trahison. Selon plusieurs sources, il séjourne à Goma depuis plusieurs jours, où il préparerait une éventuelle collaboration avec l’AFC/M23.
Ce rapprochement, même encore non officialisé, met en lumière les fractures persistantes au sein de l’élite politique congolaise et soulève des interrogations sur la porosité entre institutions étatiques et mouvements armés, dans un contexte sécuritaire déjà fortement fragilisé.

