À Goma, sous occupation rebelle, une voix s’est élevée là où le silence est souvent imposé par la peur. Dans une vidéo devenue virale, un jeune habitant de la ville est apparu comme un symbole de courage, défiant ouvertement les rebelles de l’AFC/M23 lors d’une causerie populaire. Sans arme, sans protection, il a choisi la parole comme unique moyen de résistance, conscient des risques, y compris celui de la répression ou de l’assassinat, au regard du mode opératoire bien connu des groupes armés.
Face aux rebelles, le jeune retrace l’histoire récente du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo : 2001, la guerre ; 2012, la résurgence ; 2019, un nouveau cycle de violences. Il pose alors une question simple mais percutante : Félix Tshisekedi était-il président à toutes ces périodes ? La réponse est claire : non. Pour lui, faire porter la responsabilité de cette guerre au président actuel relève d’un mensonge destiné à tromper l’opinion nationale et internationale.
Il exprime également le malaise grandissant des populations de Goma face aux appels à l’enrôlement. « À quelle guerre veut-on que nous participions ? », interroge-t-il, rappelant que ce conflit précède largement le pouvoir en place. Évoquant la guerre dite du « Kanyarwanda », il affirme que ses racines se trouvent dans des tentatives d’appropriation des terres, et non dans un agenda politique récent.
S’adressant directement au colonel Makenga, le jeune conclut avec fermeté : si cette guerre est celle menée autrefois pour s’emparer des terres d’autrui, alors la jeunesse d’aujourd’hui refuse d’en être complice. Cette prise de parole, largement saluée sur les réseaux sociaux, traduit un ras-le-bol profond et une exigence de vérité sur les causes réelles de l’insécurité persistante à l’Est de la RDC.

