C’est un véritable coup de théâtre. Sous la pression d’une pétition initiée par plusieurs députés et après une semaine agitée dans l’hémicycle, Vital Kamerhe a annoncé ce lundi sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale.
La confirmation est intervenue tard dans la soirée, relayée à la fois par des sources parlementaires et des proches du patron de l’UNC. Moins d’un an après son élection à la tête de la chambre basse, il quitte le perchoir dans la tourmente.
Depuis plusieurs jours, le bureau Kamerhe faisait face à une pluie de reproches : gestion opaque, soupçons de favoritisme et accusations de dérives financières. La commission spéciale, mise en place pour examiner la pétition, avait tranché en faveur de sa recevabilité, ouvrant la voie à un vote de destitution en plénière. Plutôt que de risquer une issue défavorable, Kamerhe a préféré anticiper. « Par respect pour l’institution et pour préserver sa dignité, j’ai pris la décision de me retirer », aurait-il confié à ses collaborateurs.
Ce départ inattendu fragilise l’équilibre politique au sein de l’Union sacrée. Allié de taille du président Félix Tshisekedi, Kamerhe incarnait un poids lourd de la majorité parlementaire. Sa démission soulève des interrogations quant à la cohésion de la coalition et sur l’avenir de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).
Dans les rangs de l’opposition, certains crient victoire, estimant que « le contrôle parlementaire a joué son rôle ». D’autres interprètent ce retrait comme le signe de fissures profondes dans la majorité présidentielle.
Et maintenant ?
Conformément au règlement intérieur, un bureau provisoire devrait convoquer une plénière dans les prochains jours afin d’élire un nouveau président de l’Assemblée nationale. Plusieurs candidatures circulent déjà dans les coulisses, mais aucune ne fait encore consensus.
Quoi qu’il en soit, cette démission restera comme l’un des épisodes les plus marquants de la vie parlementaire récente, marquant un tournant décisif dans la carrière de celui qui fut longtemps surnommé « le pacificateur ».

