À la tribune des Nations Unies, mardi 23 septembre, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois créé la polémique. Dans un discours au ton triomphal, il a affirmé avoir « mis un terme à sept guerres en l’espace de sept mois », citant notamment des conflits au Cambodge, au Kosovo, mais aussi en République Démocratique du Congo et au Rwanda.
« Au cours des sept derniers mois, j’ai mis un terme à sept guerres. Certaines duraient depuis trois décennies. (…) Le Congo et le Rwanda étaient concernés », a déclaré Donald Trump, avant de critiquer l’inaction de l’ONU et de vanter son rôle personnel dans ces résolutions.
Ces propos n’ont pas tardé à provoquer une vague de réactions en RDC, où la guerre reste une réalité dans l’Est du pays.
À Kinshasa comme à Goma, les Congolais se sont dits surpris, voire choqués.
« Quelle guerre as-tu terminée en RDC ? », s’interrogent de nombreux internautes, rappelant que les violences persistent dans le Nord-Kivu, l’Ituri et le Sud-Kivu, avec des milliers de déplacés chaque mois.
Pour Patrick S., étudiant en sciences politiques, les déclarations de Trump relèvent d’une « récupération politique » :
« Si Trump dit avoir mis fin à la guerre en RDC, qu’il vienne voir à Beni ou à Rutshuru. Les gens meurent encore chaque jour, les groupes armés sévissent, et la population n’a pas vu la fin de cette guerre. ».
Du côté de la société civile, plusieurs voix dénoncent une « insulte à la souffrance congolaise ».
« Les propos de Trump montrent son ignorance totale de la réalité de notre pays », a réagi un activiste de Goma.
Alors que l’Est congolais reste le théâtre d’affrontements sanglants impliquant le M23 et d’autres groupes armés, les Congolais rappellent que la paix n’est pas encore au rendez-vous.
Pour beaucoup, la sortie de Donald Trump illustre une tendance à exagérer ses actions diplomatiques, au détriment de la vérité vécue par les populations.
En RDC, la question demeure : de quelle guerre Trump parle-t-il ?
AKAMUS

