L’Alliance des Forces du Changement (AFC-M23) a donné son accord de principe pour la réouverture de l’aéroport international de Goma, mais sous réserve de plusieurs conditions strictes imposées au gouvernement congolais. Cette position intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu, alors que les négociations entre Kinshasa et Kigali peinent à avancer.
Le président Félix Tshisekedi a récemment été aperçu à Doha, au Qatar, où il s’est entretenu avec l’Émir Tamim ben Hamad Al Thani. Selon plusieurs sources diplomatiques, cette rencontre visait à mobiliser l’influence du Qatar afin de faire pression sur le président rwandais Paul Kagame, considéré comme un acteur clé dans la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Cependant, les discussions directes organisées à Doha entre les délégations congolaise et rwandaise, sous la médiation de l’AFC-M23, se sont soldées par un nouvel échec, maintenant le statu quo sur le terrain.
Parmi les principales exigences de l’AFC-M23, figurent la réouverture immédiate des banques, notamment la TMB et Rawbank, dans les zones sous son contrôle, ainsi que la reconnaissance de l’autonomie de ses forces spéciales dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Le mouvement demande également que ces provinces soient déclarées « zones sinistrées et autonomes », une revendication qui alimente les craintes de Kinshasa quant à un risque de balkanisation du pays.
Concernant l’aéroport de Goma, l’AFC-M23 se dit favorable à une réouverture partielle pour des couloirs humanitaires, à condition que le gouvernement rétablisse sans délai les services bancaires suspendus. Selon le mouvement, cette suspension a provoqué une asphyxie économique dans les territoires qu’il contrôle, aggravant la précarité des populations locales.
En attendant une éventuelle avancée, la situation demeure incertaine à Goma. Si la reprise des activités aéroportuaires pourrait représenter un espoir pour l’acheminement de l’aide humanitaire, les revendications de l’AFC-M23 placent Kinshasa face à un dilemme politique et sécuritaire majeur.
La rédaction

