La tribune que livre aujourd’hui Steve Mbikayi se veut à la fois une leçon d’histoire et un rappel moral adressé à la classe dirigeante congolaise. Avec un regard lucide, nourri par des décennies d’observation de la vie politique, il met en lumière les dérives d’une élite qui, trop souvent, sacrifie son honneur et son savoir sur l’autel des privilèges immédiats. En citant Sartre, il rappelle combien la grandeur d’un homme ou d’une nation se construit lentement, goutte après goutte, mais peut s’effondrer brutalement, emportée par les torrents de la compromission.
À travers l’exemple marquant de 1991, lorsque Mobutu substitua une conférence constitutionnelle à la Conférence nationale souveraine réclamée par le peuple, Mbikayi dénonce la manière dont certains intellectuels, censés incarner la rigueur et la vérité, se sont laissés corrompre pour servir un régime vacillant. Le professeur Ngoyi Ndumba, jadis respecté, en devint l’illustration tragique : en bradant son savoir, il perdit son honneur et finit oublié.
De cette page d’histoire, l’auteur tire un avertissement : l’argent peut acheter le silence mais jamais la respectabilité ; les titres peuvent flatter l’orgueil mais ne remplacent pas la dignité. La véritable noblesse réside dans la fidélité à soi-même et à son peuple.

