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Présidentielle au Cameroun : entre soif de démocratie et incertitude à la veille du scrutin

À deux jours du scrutin présidentiel prévu pour le dimanche 12 octobre, le Cameroun entre dans la dernière ligne droite d’une campagne électorale sous tension. Environ huit millions de citoyens sont appelés aux urnes pour désigner le prochain président de la République, dans un climat mêlant espoirs de changement et doutes quant à la transparence du processus.

Depuis plusieurs jours, de longues files d’attente se forment devant les bureaux d’Élections Cameroon (ÉléCam), l’organe chargé de l’organisation électorale. À Douala, comme dans d’autres grandes villes, de nombreux électeurs cherchent à récupérer leur carte électorale à la dernière minute. Ce regain d’intérêt, notamment chez les jeunes, témoigne d’une volonté croissante de participation, malgré un contexte politique figé depuis des décennies.

Le président sortant, Paul Biya, âgé de 92 ans, est candidat à un huitième mandat. Au pouvoir depuis 1982, il incarne une continuité politique qui suscite autant de soutien que de lassitude. « J’ai soif de changement, les choses ne marchent pas bien. Il faut que le régime change », confie Adéran, étudiant, qui votera pour la première fois. Comme lui, de nombreux jeunes diplômés au chômage espèrent que ce scrutin amorcera une transformation du pays.

Douze candidats figurent officiellement sur la liste, même si deux d’entre eux se sont récemment désistés en faveur de Bello Bouba Maïgari. Le paysage politique, largement dominé par le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), reste peu ouvert à l’alternance, selon plusieurs observateurs. L’opposition dénonce des conditions inéquitables, un accès inégal aux médias publics et un manque de transparence dans l’organisation du vote.

Par ailleurs, des inquiétudes persistent quant à la tenue du scrutin dans certaines régions, notamment les zones anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, toujours en proie à un conflit armé entre séparatistes et forces gouvernementales. Cette instabilité menace la participation et la sécurité des électeurs dans ces zones sensibles.

Malgré ces défis, la mobilisation citoyenne prend de l’ampleur. De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une démocratie plus vivante, fondée sur des institutions fortes, des élections crédibles et une gouvernance plus juste. Si les résultats du vote demeurent incertains, une chose est claire : pour une grande partie des électeurs, ce scrutin représente bien plus qu’un simple choix de candidat. Il est perçu comme un tournant possible pour une société en quête de justice, de progrès et de liberté politique.

Le scrutin du 12 octobre s’annonce donc comme un moment décisif. Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse largement le cadre électoral, il s’agit aussi de mesurer la capacité du pays à faire vivre sa démocratie dans le respect des droits de chaque citoyen.

Guelord Lubonzu

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