24 heures après le braquage avorté de la Rawbank / Place Victoire, une course aux analyses s’est déclenchée. Alors que nombreux saluent la bravoure avec laquelle l’opération mixte FARDC, Police nationale congolaise a été menée, évitant ainsi un bain de sang, certains observateurs dénoncent la proximité dangereuse entre les forces de l’ordre et une foule compacte restée sur place durant toute l’opération (voir les images ci-dessous).
Non seulement cette foule s’est densifiée au fil des heures, mais plusieurs jeunes se sont mis à scander des chansons critiquant la police. Certains réclamaient la libération de Constant Mutamba, d’autres appelaient à l’intervention des militaires de l’Est. Pire encore, quelques-uns ont imité en riant le geste d’un policier rampant au sol, transformé en scène virale sur les réseaux sociaux. Cette ambiance, aussi légère soit-elle, a eu lieu alors même que l’armée échangeait des tirs avec des assaillants retranchés au dernier étage de la banque, bénéficiant d’une vue dégagée sur toute la population.
Une question s’impose : si ces assaillants avaient disposé d’explosifs, que serait-il advenu ce jeudi 16 octobre ? Cette faille aurait pu coûter très cher au pays.
« L’agence ciblée se trouve dans une zone populaire très fréquentée. De nombreuses vidéos montrent des civils massés à quelques mètres des policiers et militaires, filmant la scène en direct. Pour plusieurs experts en sécurité, une telle situation est extrêmement risquée. Si les assaillants avaient eu recours à un explosif, le bilan humain aurait été dramatique. Cette opération, certes réussie sans pertes humaines, doit aussi être considérée comme un signal d’alerte. Les forces de l’ordre doivent renforcer leur discipline, établir des périmètres sécurisés et se doter d’équipements adaptés. La population, de son côté, doit comprendre la nécessité de respecter les zones d’intervention », analyse un expert en sécurité.
Bilan
En rappel, le commissaire divisionnaire Israël Bankulu Kantu a confirmé, en début de soirée du jeudi, que tous les otages ont été libérés sains et saufs après une longue prise d’otages à l’agence Rawbank Victoire à Kinshasa. Si la banque avait annoncé une libération matinale, plusieurs sources affirment que l’opération s’est en réalité prolongée jusqu’aux environs de 18 heures.
Le bilan officiel de cette attaque n’a pas encore été communiqué, et les autorités restent discrètes sur le déroulement précis de l’intervention policière. Toutefois, le commandant provincial de la police a assuré que tous les assaillants ont été arrêtés et transférés au camp militaire Lieutenant Kokolo pour interrogatoire.
Cette attaque spectaculaire a paralysé le quartier de la Victoire une grande partie de la journée et soulève de sérieuses questions sur les dispositifs de sécurité et la gestion des situations de crise dans la capitale congolaise.
AKAMUS


