Huit militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) comparaissent depuis le lundi 20 octobre 2025 devant la Cour militaire de Kinshasa-Gombe. Ils sont accusés d’avoir infligé des traitements inhumains et dégradants à une citoyenne allemande, Honorine Porsche, arrêtée après une tentative de braquage à l’agence Rawbank de la Place Victoire, à Kinshasa, le 16 octobre dernier.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent ces soldats en train de déshabiller publiquement la présumée braqueuse, la livrant à la honte sous le regard impuissant des témoins. Le parquet militaire a qualifié cet acte d’« indigne et contraire à l’éthique militaire », réclamant des sanctions exemplaires contre les responsables.
Parmi les accusés figurent le colonel Désiré Munesa, plusieurs capitaines et des soldats subalternes. Ils sont poursuivis pour violation de consignes, non-dénonciation d’infractions et abstention coupable des faits jugés graves dans une armée censée protéger la dignité humaine.
L’incident trouve son origine dans une tentative de braquage ratée : Honorine Porsche aurait tenté de s’emparer d’argent à l’aide d’un faux pistolet.
L’intervention rapide des forces de l’ordre avait permis de maîtriser la situation sans faire de victime. Mais la scène d’humiliation publique qui a suivi a terni cette opération et jeté une ombre sur l’image des forces armées congolaises.
L’ambassade d’Allemagne, dans un communiqué publié le 20 octobre, a fermement condamné les sévices infligés à sa ressortissante, appelant les autorités congolaises à garantir le respect des droits humains et à faire toute la lumière sur cette affaire.
Au-delà du scandale, cette affaire relance le débat sur la discipline au sein de l’armée et la nécessité d’un encadrement rigoureux des interventions pour éviter que des bavures ne viennent, une fois encore, entacher la réputation du pays.
AKAMUS

