Le vendredi 24 octobre, l’Assemblée provinciale du Haut-Lomami a prononcé la destitution de son président, Basile Muleba Tshinwishi, membre de l’UDPS, parti au pouvoir.
Sur les 20 députés présents, 17 ont voté pour sa déchéance, au terme d’une séance plénière spéciale consacrée à l’examen de la motion initiée par le député Jean Tayari Kiswabantu.
Selon le document de la motion, l’ex-président est accusé d’avoir détourné environ 227,2 millions de francs congolais, somme représentant les émoluments du mois de mars 2024 destinés au paiement des députés, de leurs assistants, des chauffeurs ainsi que du bureau provisoire.
Outre ces accusations financières, Basile Muleba est également reproché pour incompétence notoire, autoritarisme et intimidation de ses collègues.
Un mémorandum adressé le 9 octobre 2025 au vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, évoque également des faits plus graves : il y est reproché à Muleba d’avoir entravé des enquêtes sur la présence d’éleveurs armés non identifiés occupant illégalement des terres dans une trentaine de villages du territoire de Kabongo.
Malgré plusieurs motions introduites, seul Basile Muleba a été évincé. Les deux autres membres du bureau visés, la vice-présidente Colette Mwanza Ira Mfumu et le questeur Séraphin Mukaya Maloba, soupçonnés de complicité ont, pour l’heure, échappé à toute sanction.
Cette destitution ouvre une nouvelle page politique dans le Haut-Lomami, où les élus provinciaux appellent désormais à une gestion plus transparente et responsable des affaires de l’Assemblée provinciale.
Guelord Lubonzu

