En Ituri, la stabilisation de la province reste un défi majeur après des années de violences intercommunautaires et de conflits armés. Pourtant, depuis quelque temps, un vent d’espoir souffle sur plusieurs territoires grâce à la présence de la MONUSCO et à l’appui des agences du système des Nations Unies. À l’occasion de la célébration du 80ᵉ anniversaire de la Charte des Nations Unies, les autorités locales et provinciales ont salué l’impact concret de cette mission sur la sécurité, la relance économique et la cohésion sociale.
Sécurité retrouvée et retours massifs des déplacés
Pendant de longues années, l’activisme des groupes armés, notamment celui de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), avait vidé plusieurs villages de leurs habitants. Les populations, prises entre les feux des milices et de la misère, n’avaient d’autre choix que la fuite. Aujourd’hui, la présence renforcée des Casques bleus a permis à des milliers de déplacés de regagner leurs localités d’origine, notamment dans les territoires de Djugu et de Mahagi.
À Amee, dans le territoire de Mahagi, plus de 20 000 personnes sont revenues vivre dans leurs villages ces trois dernières années. Le chef de groupement témoigne : « La MONUSCO a beaucoup fait dans notre entité. D’abord pour la sécurité, ensuite pour le développement. Cinq ponts ont été construits, des routes réhabilitées, et un éclairage public installé au centre d’Amee. Tout cela nous relie désormais à trois groupements dont nous étions coupés. »
Relance économique et développement communautaire
Dans le territoire voisin de Djugu, la sécurité retrouvée a ravivé les activités agricoles et commerciales. La production annuelle dépasse désormais dix tonnes de maïs, haricot et café. Le président de la fédération locale des commerçants salue cet élan : « Avant, nous ne pouvions pas cultiver. L’insécurité était partout. Mais grâce à la MONUSCO, nous travaillons de nouveau en toute tranquillité. Les patrouilles des Casques bleus assurent la protection, et des champs communautaires ont été créés à proximité de leur base. »
Ces initiatives, appuyées par les projets de développement communautaire des agences onusiennes, contribuent à renforcer la cohésion sociale dans une région longtemps divisée. Le redéploiement des infrastructures locales – routes, ponts, marchés et écoles – participe également à reconnecter les communautés isolées, favorisant ainsi le commerce et la mobilité.
Un partenariat salué par les autorités locales
Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, a rendu hommage au travail de la MONUSCO lors de la célébration de la Journée des Nations Unies à Bunia : « Là où il n’y avait pas de vie, la vie reprend. Sans la MONUSCO, nous aurions eu beaucoup plus de difficultés. Leurs efforts sur la RN27, de Kabarole à Nyakunde, jusqu’à Boga et Amee, sont palpables. Même les déplacés continuent d’être pris en charge. »
Le général a également salué le rôle des agences onusiennes – PAM, HCR, PNUD, UNICEF, UNFPA et OMS pour leur « sacrifice énorme » au profit des populations vulnérables : « Ce sont des civils qui vont là où il est difficile d’accéder, mais qui n’abandonnent jamais les communautés. Ils font un travail incomparable », a-t-il déclaré.
La promesse de l’ONU en action
À l’échelle mondiale, l’Organisation des Nations Unies célèbre ses 80 ans sous le thème de la solidarité et de la paix durable. Son Secrétaire général, Antonio Guterres, a rappelé dans son message la mission fondamentale de l’ONU : « Depuis quatre-vingts ans, nous forgeons la paix, luttons contre la pauvreté et promouvons les droits humains. Soyons unis et réalisons la promesse des Nations Unies. »
En Ituri, cette promesse se concrétise chaque jour. Le travail combiné des Casques bleus et des agences spécialisées contribue à recréer un tissu social autrefois déchiré par la haine et la méfiance. Si le défi sécuritaire demeure, les résultats obtenus démontrent que la paix n’est pas un rêve lointain, mais une réalité en construction.
Une paix à consolider
Les autorités provinciales et les partenaires au développement s’accordent sur un point : la stabilité retrouvée en Ituri reste fragile et doit être consolidée par des initiatives locales durables. La MONUSCO, appelée à se retirer progressivement, mise désormais sur le renforcement des capacités des institutions locales et sur le transfert de responsabilités sécuritaires aux forces congolaises.
Dans les localités de Mahagi, Djugu ou Irumu, les populations, autrefois contraintes à l’exil, réapprennent à vivre ensemble. Des champs communautaires côtoient des marchés nouvellement rouverts, et les enfants reprennent le chemin de l’école. La reconstruction de l’Ituri se fait pas à pas, sous le regard vigilant et bienveillant des Nations Unies.
En dépit des critiques, la MONUSCO demeure un acteur clé du retour à la paix en Ituri. Son action, combinée à celle des agences humanitaires, illustre le rôle déterminant des Nations Unies dans la transformation d’une région longtemps meurtrie. L’Ituri renaît, lentement mais sûrement, grâce à un partenariat où la paix, la solidarité et le développement communautaire marchent main dans la main.

