Alors que la Tanzanie traverse une période de fortes tensions après les élections législatives et présidentielle, la coupure d’internet décidée par les autorités plonge le pays dans un silence inquiétant. Depuis mercredi, la population peine à accéder aux informations fiables, tandis que les manifestations contre les résultats du scrutin se multiplient dans plusieurs villes. Les observateurs dénoncent un véritable “blackout numérique organisé”, destiné à étouffer la contestation.
Dans un contexte marqué par des répressions violentes et des arrestations arbitraires signalées par des ONG, cette coupure renforce la méfiance des citoyens envers le gouvernement de Samia Suluhu Hassan. Les médias africains décrivent une atmosphère de “chaos post-électoral” où la désinformation prospère.
Sans réseaux sociaux, les citoyens n’ont plus la possibilité de témoigner ou de relayer les violences présumées. Les appels à la levée des restrictions numériques se multiplient, mais le pouvoir reste muet. « Rendez-nous notre pays ! », scandent des manifestants, tandis que la présidente maintient un silence jugé préoccupant.
L’absence de communication officielle, combinée à la coupure du réseau, alimente les rumeurs et accentue les craintes de nouvelles victimes. Pour beaucoup, ce blackout d’État illustre une stratégie visant à contrôler le récit d’une élection déjà marquée par la répression et la méfiance.

