Un événement diplomatique aux allures de tremblement de terre politique a eu lieu le lundi 10 novembre 2025 où le président des États-Unis, Donald Trump, a reçu à la Maison Blanche le dirigeant syrien intérimaire, Ahmad al-Charaa, pour la toute première visite officielle d’un chef d’État syrien dans la capitale américaine depuis 1946.
Mais l’aspect le plus stupéfiant de cette rencontre historique réside dans le passé de l’invité.
Ahmad al-Charaa, connu autrefois sous le nom de guerre d’Abu Mohammad al-Jolani, fut pendant sept longues années l’une des figures les plus recherchées par Washington.
En effet, Al-Charaa était visé par un mandat d’arrêt américain du FBI, qui offrait une récompense de 10 millions de dollars pour sa capture, le désignant officiellement comme un terroriste pour ses liens passés avec Al-Qaïda.
Aujourd’hui, celui qui a mené la coalition qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, se trouve accueilli avec les honneurs, illustrant un virage diplomatique radical orchestré par l’administration Trump.
Cette réception, s’inscrit dans la stratégie de Donald Trump de se positionner en grand pacificateur du Moyen-Orient, quitte à faire des compromis spectaculaires.
Jeudi dernier, le président Trump avait déjà préparé le terrain en estimant que son invité faisait « un très bon travail » en Syrie. Il avait ajouté : « C’est un gars dur. Mais je me suis très bien entendu avec lui » lors d’une première entrevue en Arabie saoudite en mai dernier.
Au-delà de l’image, des enjeux cruciaux étaient au cœur des discussions, notamment, la evée des sanctions, le département d’État américain a exprimé sa volonté de voir une levée complète de la loi César (adoptée en 2019), qui bannissait la Syrie du système bancaire international et des transactions financières en dollars. Ce déblocage, qui passe par un vote du Congrès, ouvrirait la voie à la reconstruction, les États-Unis prévoient par ailleurs d’établir une base militaire près de Damas. Selon une source diplomatique en Syrie, l’objectif est de « coordonner l’aide humanitaire et observer les développements entre la Syrie et Israël », signalant une présence américaine renforcée dans la nouvelle donne régionale.
L’accueil à Washington de celui qui était il y a peu l’ennemi public numéro un des États-Unis, est non seulement une première historique, mais aussi un pari risqué qui redéfinit fondamentalement l’échiquier géopolitique au Moyen-Orient. La Syrie, avec son nouveau dirigeant controversé, pourrait bien être la prochaine pièce maîtresse de la stratégie de paix de Donald Trump.
Israël Mpoyi

