Le président de l’Ecidé, Martin Fayulu, s’est fermement opposé à la décision du gouvernement de suspendre douze partis politiques de l’opposition, réunis autour de l’ancien président Joseph Kabila lors d’un conclave tenu à Nairobi.
Dans une interview accordée à un média étranger, l’opposant a dénoncé une atteinte à la liberté d’expression et au principe de l’État de droit. « Je suis pour un État de droit. Ça ne revient pas au ministre de l’Intérieur de faire ce qu’il a fait », a-t-il déclaré, estimant que la mesure prise par le vice-premier ministre de l’Intérieur n’a aucun fondement constitutionnel.
Martin Fayulu affirme que le ministre a invoqué des articles de la Constitution « qui ne sont pas applicables dans ce cas précis ». Selon lui, la démocratie implique de laisser chaque citoyen et chaque formation politique s’exprimer librement : « Il faut laisser les gens agir librement. La vérité triomphera. »
Le leader de l’Ecidé a également rappelé le devoir de chaque Congolais de défendre la nation en cas de menace, citant l’article 63 de la Constitution : « Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité en cas de menaces ou d’attaques extérieures. »
Cependant, il a insisté sur la nécessité de respecter les lois et les libertés fondamentales : « Ce n’est pas en prenant des mesures anticonstitutionnelles que l’on défend le pays. Ça, je n’approuve pas », a-t-il martelé.
Pour rappel, les partis suspendus avaient pris part au conclave organisé par Joseph Kabila à Nairobi, une initiative perçue par les autorités comme une tentative de déstabilisation. Certains responsables du gouvernement les ont même qualifiés de « traîtres » et les ont accusés d’être de connivence avec la rébellion de l’AFC/M23.
La sortie de Martin Fayulu intervient dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition, alors que plusieurs voix réclament davantage de tolérance et de respect du pluralisme politique en République démocratique du Congo.

