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Politique

Jouissance, plus de 50 établissements / Nicolas Kazadi : la vérité qui dérange ? Acte de courage ou de provocation ?

Après avoir brise le silence sur des pratiques budgétaires peu orthodoxes. Invité d’une émission animée par la journaliste Paulette Kimuntu, l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, a soulevé un tollé après avoir dénoncé la gestion de plusieurs dossiers étatiques et la création de 53 établissements publics sans prévisions budgétaires. Ses propos, jugés trop crus par certains, ont déclenché une vague de réactions mitigées sur la toile et dans les médias.

« La bouche tue », titre un média en ligne, accusant Nicolas Kazadi de semer la zizanie au lieu de contribuer à l’apaisement. Des internautes le menacent, d’autres l’accusent de trahison. Même certains journalistes lui reprochent son franc-parler, estimant qu’il aurait dû garder ces révélations pour des cercles fermés.

Mais que dit-il exactement ? Selon Kazadi, entre 2019 et 2023, 53 établissements publics ont été créés sans cadre légal ni budget préalable. « Ils commencent à recruter sans même avoir de cadre limite », affirme-t-il, pointant du doigt une gouvernance improvisée et budgétivore.

Il va plus loin en dénonçant une culture de jouissance au sein de l’administration publique : « L’argent du projet est arrivé, on se le partage d’abord et on va réfléchir plus tard ». Une phrase-choc qui illustre, selon lui, une mentalité contraire à la rigueur budgétaire qu’il dit avoir prônée durant son mandat.

Pourtant, l’ancien ministre rappelle avoir quatre fois augmenté le budget national, le portant de 4 à 16 milliards de dollars américains. Mais cette performance n’a pas freiné l’explosion des dépenses, notamment celles du Parlement passées de 5 à 45 milliards de FC entre 2017 et 2023.

Alors que le président Tshisekedi lui-même a récemment appelé à des mesures d’urgence pour redresser les finances publiques et commandé un audit des établissements nouvellement créés, les propos de Kazadi semblent s’inscrire dans une dynamique de transparence… au prix fort.

En République démocratique du Congo, dire la vérité est-il devenu un acte de courage ou de provocation ? Nicolas Kazadi, lui, semble avoir choisi son camp,  celui des vérités amères. Reste à savoir s’il sera écouté ou sacrifié sur l’autel du silence politique.

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