Une semaine après avoir sollicité le témoignage de Jean-Pierre Bemba dans son procès en France, l’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala demande désormais à être poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI), estimant que cette juridiction serait la seule capable d’assurer un procès équitable et impartial.
Poursuivi à Paris pour complicité de crimes contre l’humanité liés à des exactions commises entre 2002 et 2003 dans l’Est de la RDC, Lumbala affirme que son dossier relève du mandat de la CPI, en raison du caractère transnational des faits et de l’implication de différents groupes armés. Selon son entourage, il juge que « seule La Haye peut mener une procédure équilibrée » sur les événements liés à l’opération militaire “Effacer le tableau”, au cœur de l’affaire.
Cette requête intervient alors que Lumbala avait, la semaine dernière, écrit à Jean-Pierre Bemba aujourd’hui vice-Premier ministre et ancien chef rebelle jugé puis acquitté par la CPI pour lui demander de témoigner à distance afin de clarifier les chaînes de commandement de l’époque. Sa démarche, restée jusqu’ici sans réponse publique, semble désormais s’inscrire dans une stratégie visant à déplacer le lieu du procès.
Pour l’heure, ni la justice française ni la CPI n’ont réagi à cette nouvelle revendication, qui relance les débats sur la compétence des juridictions internationales dans le traitement des crimes commis durant les années de guerre en RDC.
Merveille Kabongo

