Depuis la prise de la ville d’Uvira par les rebelles du M23 appuyés par le Rwanda, la cité de Baraka, située dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu, vit au rythme de la peur et de l’incertitude. La progression des groupes armés a déclenché un mouvement massif de populations civiles qui cherchent refuge au Burundi voisin, principalement dans la ville de Rumonge.
Chaque jour, des centaines de personnes convergent vers les rives du lac Tanganyika. Sur les plages de Baraka, des familles entières passent la nuit à la belle étoile, attendant une occasion de traverser le lac pour échapper à l’insécurité grandissante. Pour beaucoup, cette traversée périlleuse apparaît comme l’unique issue face à la menace des rebelles.
Femmes, enfants et personnes âgées embarquent à bord de pirogues de fortune, souvent surchargées et dépourvues de gilets de sauvetage. L’absence d’encadrement officiel et de mesures de sécurité expose ces déplacés à de graves risques de naufrage, dans un contexte déjà marqué par plusieurs drames sur le lac Tanganyika.
Les témoignages recueillis sur place décrivent une population à bout de forces, profondément marquée par les violences observées dans d’autres zones touchées par le conflit. Une mère rencontrée sur les rives du lac explique que la priorité des familles est de mettre les enfants à l’abri, rappelant les massacres survenus notamment à Kishishe, dans le territoire de Rutshuru, ainsi qu’à Goma et dans certains quartiers de Bukavu.
Les départs se font dans l’urgence, sans véritable organisation ni assistance humanitaire suffisante. Beaucoup quittent leurs maisons avec le strict minimum, abandonnant leurs biens et leurs moyens de subsistance.
La chute d’Uvira a provoqué une onde de choc dans l’ensemble du Sud-Kivu, ravivant la crainte d’une extension des violences vers Fizi et les localités environnantes. Face à l’aggravation de la situation humanitaire, des acteurs locaux et des organisations humanitaires appellent à une intervention urgente pour sécuriser les traversées du lac et apporter une assistance immédiate aux populations déplacées, déjà exposées à de multiples dangers alors qu’elles fuient les combats.



