La journée de ce jeudi 18 décembre 2025 s’ouvre sur une annonce très attendue : le début effectif du retrait des éléments de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, sous forte pression américaine.
Présenté par ses initiateurs comme un pas vers l’apaisement, ce mouvement suscite toutefois scepticisme et prudence à Kinshasa, où le gouvernement refuse toute lecture hâtive d’un retrait non vérifié et limité géographiquement.
Derrière les images de convois en mouvement, demeurent des interrogations majeures sur la réalité du repli, le sort des civils et la présence persistante des forces rwandaises sur le sol congolais.
Parallèlement, le débat politique s’intensifie, avec l’appel du CNSA à un dialogue national inclusif, les crispations autour des arrestations d’acteurs politiques majeurs, et des signaux préoccupants sur la scène régionale, notamment au sein de la SADC.
Une actualité dense, révélatrice d’un pays à la croisée des chemins, entre manœuvres diplomatiques, tensions internes et quête fragile de paix durable.
REVUE DE PRESSE DU JEUDI 18 DÉCEMBRE 2025
Comme annoncé en début de semaine par Corneille Nangaa, l’AFC/M23 a entamé, dans la soirée de mercredi, le retrait de ses troupes et de leurs alliés des Forces de défense rwandaises (RDF) de la ville d’Uvira. L’information est rapportée par LA TEMPÊTE DES TROPIQUES.
Le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, indique que cette opération de retrait devrait s’achever ce jeudi 18 décembre. Toutefois, précise RFI.FR, l’annonce ne concerne que la ville d’Uvira et ne fait aucune mention des autres zones conquises par le mouvement rebelle après le 10 décembre.
Selon MÉDIA CONGO, ce retrait intervient à la suite de fortes pressions exercées par les États-Unis sur Kigali et ses alliés.
Pour LEPOUVOIRDUPEUPLE.COM, il s’agit d’un revers diplomatique majeur dans l’offensive menée à l’Est par le M23, mouvement soutenu par le Rwanda, comme l’attestent plusieurs rapports des Nations unies. Si ce retrait se confirme effectivement, le média estime qu’il pourrait constituer un signal fort en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs, et plus particulièrement dans l’Est de la RDC.
À Kinshasa cependant, l’annonce du retrait a été qualifiée de « non-événement ». Selon ACTUALITE.CD, les autorités congolaises exigent avant tout le retrait effectif des troupes rwandaises présentes sur le territoire national.
De son côté, INFOS27 rapporte que le gouvernement congolais rejette ce qu’il qualifie de narration expéditive et soulève plusieurs interrogations majeures : qui vérifie réellement ce retrait ? Où vont les combattants ? Combien étaient-ils ? Et surtout, que laissent-ils derrière eux ? Pour le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le doute n’est ni fortuit ni accessoire, il est au cœur du problème.
Un point de vue partagé par LA RÉFÉRENCE PLUS, qui souligne que le gouvernement et l’ensemble des Congolais considèrent ce prétendu retrait comme un non-événement, faute de mécanisme de vérification crédible. Le peuple congolais, estime le journal, ne saurait accorder du crédit à une manœuvre unilatérale et exige l’application stricte de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui impose le retrait total des troupes rwandaises de toutes les zones occupées en RDC.
« Uvira, phase zéro du plan CONOPS », titre LE POTENTIEL. Le quotidien explique que ce concept opérationnel repose sur deux piliers indissociables. Le premier concerne le retrait progressif et vérifiable des forces étrangères présentes illégalement dans l’Est de la RDC, en particulier les troupes rwandaises et leurs réseaux de soutien. Le second pilier prévoit un redéploiement maîtrisé des FARDC, avec pour mission claire de neutraliser les groupes armés résiduels, notamment les FDLR, dans un cadre contrôlé avec l’appui de partenaires internationaux.
Malgré l’annonce du retrait du M23 d’Uvira, le trafic entre le Tanganyika et le Sud-Kivu reste suspendu. CONGO NOUVEAU rapporte qu’à l’issue d’un Conseil de sécurité extraordinaire tenu à Kalemie, le gouverneur Christian Kitungwa a annoncé la suspension de toute circulation entre les deux provinces, y compris sur le lac Tanganyika, et ce jusqu’à nouvel ordre.
Après l’accord de Washington, le CNSA plaide désormais pour l’organisation d’un dialogue national afin de sortir durablement de la crise sécuritaire. Selon INFOS27, réuni à Kinshasa, l’organe issu de l’Accord du 31 décembre 2016 reconnaît le caractère irréversible du texte signé le 4 décembre, tout en avertissant que sans respect strict des engagements et sans relais politique interne, les avancées diplomatiques resteront fragiles.
Dans un communiqué parvenu à LA PROSPÉRITÉ, le CNSA estime que les solutions exclusivement militaires ou diplomatiques ont atteint leurs limites. L’organe appelle à une discussion politique large, impliquant toutes les forces vives de la nation majorité, oppositions armées et non armées, ainsi que la société civile afin de consolider durablement la paix et la cohésion nationale.
Dans le reste de l’actualité, INVESTIGATEUR.NET révèle que le président Félix Tshisekedi a été privé de parole lors du sommet extraordinaire virtuel de la SADC. Cette décision exceptionnelle serait liée aux arriérés financiers de la RDC concernant ses contributions à la Mission de la SADC en RDC.
Sur le plan politique, FORUM DES AS rapporte que Martin Fayulu a dénoncé l’arrestation qu’il qualifie d’arbitraire d’Emmanuel Ramazani Shadary. Le président de l’ECIDé fustige le « traitement inhumain et dégradant » infligé à l’ancien secrétaire permanent du PPRD lors de son interpellation le mardi 16 décembre.
Dans la même affaire, ACTUALITE.CD indique que Paul Ramazani, fils d’Emmanuel Shadary, a également été arrêté mercredi soir à Kinshasa, aux alentours de 22 heures, au restaurant Le Palais, dans le quartier GB, commune de Kitambo. Les circonstances de son interpellation, l’identité des services impliqués ainsi que sa destination demeurent inconnues.
Tout autre registre. Selon un institut de sondage relayé par LA PERCÉE, Judith Suminwa Tuluka a été désignée « personnalité de l’année ». Cette reconnaissance nourrit l’espoir d’avancées significatives en 2026, les Congolais continuant d’exprimer, selon ce sondage, une forte adhésion à la Cheffe du gouvernement.
Sur le plan administratif, le gouvernement confirme la paie des agents et fonctionnaires de l’État avant Noël. Cité par LE POTENTIEL, le secrétaire général au Budget, Pierrot Nke, assure que les préparatifs sont à un stade avancé et que l’opération concernera l’ensemble du territoire national, afin de rassurer les agents publics souvent confrontés à des retards de paiement.
Enfin, OURAGAN.CD rapporte une découverte macabre à Kasumbalesa, où treize corps sans vie ont été retrouvés. Selon les premières informations fournies par les autorités locales, la majorité des victimes seraient des motards.
Tapie Lutunu (089 169 48 34)
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