Le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA a exprimé son opposition à la réouverture des écoles à Uvira, prévue ce lundi, estimant que la situation sécuritaire et sociale ne permet pas un retour normal des activités scolaires.
Dans une déclaration rendue publique ce week-end, le mouvement indique que plusieurs établissements restent occupés par des déplacés internes fuyant les violences dans les localités de Katongo, Kabimba, Kigongo et Kivovo, rendant la reprise des cours matériellement impossible.
Le communiqué précise également que de nombreux enseignants et professeurs se sont réfugiés au Burundi ou dans d’autres zones sûres, tandis que plusieurs élèves et étudiants restent bloqués de l’autre côté de la frontière burundaise.
Sur le plan sécuritaire, MACHOZI YA RAÏYA dénonce la persistance des détonations d’engins explosifs, dont les échos continuent de se faire entendre dans le centre-ville. À cela s’ajoute la paralysie des circuits financiers, plongeant de nombreuses familles dans une grande précarité.
« Parler de reprise des cours ou d’année blanche dans un tel contexte revient à ignorer la réalité que vivent élèves, étudiants et enseignants », affirme le mouvement.
Deux scénarios sont envisagés pour l’avenir de la ville.
Le premier serait la reprise du contrôle d’Uvira par les FARDC et leurs alliés, ce qui pourrait favoriser la réouverture des frontières, la reprise du trafic lacustre avec la Tanzanie, la Zambie et Kalemie, et la relance de l’économie locale après le retour des réfugiés.
Le second scénario, jugé plus préoccupant, serait une progression de l’AFC/M23 vers Baraka et Kalemie, avec l’installation d’une nouvelle administration. Le mouvement craint que la fermeture prolongée des frontières par les pays voisins n’aggrave la situation humanitaire des familles réfugiées, notamment au Burundi.
Face à cette situation, MACHOZI YA RAÏYA insiste sur la nécessité de garanties sécuritaires claires et effectives avant toute reprise des activités scolaires.
« Nous ne demandons pas l’impossible, mais simplement que la sécurité soit assurée afin de protéger élèves, enseignants et l’avenir de l’éducation à Uvira », conclut le communiqué.
Isaka Kijana

