Longtemps marginalisée, la route de Ngomo démontre aujourd’hui son importance stratégique pour la mobilité et l’économie locales. Après une interruption du trafic entre février et novembre 2025, cet axe a de nouveau été praticable, sans intervention visible des autorités compétentes.
Selon plusieurs usagers, un bus quittant Kamanyola et empruntant les escarpements de Ngomo arrive désormais à Bukavu plus rapidement que celui qui transite par le Rwanda, un itinéraire pourtant longtemps considéré comme plus fiable. Cette inversion de tendance met en lumière le potentiel souvent ignoré des infrastructures routières nationales.
Pour le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA, cette situation soulève de sérieuses interrogations. Dans une prise de position récente, le mouvement dénonce l’absence chronique d’investissement dans la construction et l’entretien de la route de Ngomo, qu’il considère comme un symbole du manque de volonté politique en matière de souveraineté nationale et de développement local.

« Pourquoi continuer à dépendre des routes étrangères alors que nos propres voies existent, résistent et peuvent servir efficacement la population ? », s’interroge le mouvement, qui estime que cette dépendance nuit à l’économie locale et porte atteinte à la dignité du peuple congolais.
Les acteurs de la société civile appellent ainsi les autorités provinciales et nationales à intégrer la route de Ngomo parmi les priorités d’infrastructures, afin de renforcer l’intégration territoriale, réduire la dépendance extérieure et stimuler les échanges économiques dans la région du Sud-Kivu.
Isaka Kijana

