Le professeur Paul-René Lohata Tambwe Okitokosa a livré une analyse forte sur l’héritage politique de feu Laurent-Désiré Kabila, qu’il présente comme l’un des rares dirigeants congolais à avoir placé la souveraineté nationale au-dessus des intérêts étrangers.
Pour lui, « Laurent-Désiré Kabila fut un grand patriote », animé par une vision proche de celle de Patrice-Emery Lumumba.
Rappelant le contexte de la chute de Mobutu, Lohata explique que L.D. Kabila avait conclu des accords stratégiques avec plusieurs pays de la région pour atteindre cet objectif. Mais une fois au pouvoir, il a fait un choix risqué : rompre avec ceux dont les ambitions devenaient dangereuses pour la RDC.
« Il n’a pas hésité de renvoyer le Rwanda dont les prétentions et le goût pour balkaniser notre pays ne font aucun doute », affirme-t-il. Pour lui, Kabila a préféré la dignité nationale aux compromis faciles.
Le professeur insiste sur le courage politique du chef de l’AFDL : « Refusant de recevoir des leçons de ce petit pays, il a opté pour la souveraineté de notre État avec un courage légendaire à la manière de son maître Lumumba. »
Dans cette logique, Lohata soutient que certaines pratiques militaires actuelles n’auraient jamais vu le jour sous son règne : « De son vivant, le mixage ne se serait pas réalisé. »
Tout en reconnaissant les faiblesses démocratiques du régime, notamment « la suspension des partis politiques », il estime que l’essentiel demeure. « On peut tout dire, mais cet homme a prouvé qu’il aime son pays », martèle-t-il.
Face aux tentatives d’ingérence et de prédation des ressources, Lohata rappelle que deux visions s’affrontaient au sein de l’AFDL : celle des puissances intéressées par les minerais congolais et celle portée par Kabila.
Et de renchérir : « Comme Lumumba, L.D. Kabila fut un “Monsieur” dont l’impérialisme évitait la réussite pour ne pas faire école. »
Pour cette élite, l’histoire retiendra un dirigeant qui a osé dire non à la domination étrangère, même lorsque « la bouche était pleine ». Un patriotisme qui reste, aujourd’hui encore, une boussole pour la RDC.

