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Santé

Dépistage du cancer du sein : la course lancée entre l’IA et l’humain ?

L’intelligence artificielle est-elle en train de redéfinir les frontières du dépistage médical ? Une étude récente publiée dans la prestigieuse revue The Lancet relance le débat en montrant que l’IA pourrait améliorer significativement la détection du cancer du sein, tout en allégeant la charge de travail des radiologues.

Menée en Suède entre avril 2021 et décembre 2022, cette recherche s’est appuyée sur l’analyse de près de 106 000 mammographies issues d’un programme national de dépistage. Deux méthodes ont été comparées : la lecture classique reposant sur deux radiologues humains et une lecture associant un radiologue à un outil d’intelligence artificielle. Les résultats sont sans équivoque : le dépistage assisté par l’IA a permis d’identifier 81 % des cancers, contre 74 % pour la méthode traditionnelle, sans augmentation du nombre de faux positifs.

Autre donnée marquante : les femmes dépistées avec l’appui de l’IA ont présenté, dans les deux années suivantes, moins de cancers agressifs ou avancés. Cette amélioration s’observe indépendamment de l’âge ou de la densité mammaire, un facteur de risque bien connu. Pour les auteurs de l’étude, l’IA ne se contente pas d’être un outil d’aide : elle améliore globalement la performance du dépistage tout en réduisant la charge cognitive et le volume de lectures pour les spécialistes.

Cependant, l’enthousiasme reste mesuré au sein de la communauté médicale. Des radiologues soulignent que l’IA ne peut, à ce stade, remplacer l’œil humain. L’expérience clinique demeure essentielle pour corriger certaines interprétations erronées de l’algorithme, notamment lorsque celui-ci confond des structures bénignes avec des lésions suspectes. Le risque de surdiagnostic et les coûts élevés de ces technologies figurent également parmi les réserves exprimées.

Les experts s’accordent néanmoins sur un point : l’IA apparaît aujourd’hui comme un allié crédible, non comme un concurrent. Classés « à haut risque » par la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle, les dispositifs médicaux intégrant l’IA seront soumis à des exigences strictes de sécurité et de performance.

La course n’oppose donc pas réellement l’IA à l’humain. Elle dessine plutôt un avenir où la collaboration entre technologie et expertise médicale pourrait renforcer la détection précoce, encore imparfaite, d’un cancer qui demeure l’un des plus meurtriers chez les femmes.

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