L’avancée des rebelles de l’AFC/M23 vers la ville de Bukavu reste l’un des épisodes sécuritaires les plus marquants de l’histoire récente du Sud-Kivu. Un an après ces événements, les séquelles économiques, sociales et sécuritaires demeurent perceptibles malgré une reprise progressive des activités.
Selon plusieurs sources locales, dont la radio communautaire Maendeleo, l’intensification des combats dans le territoire de Kalehe avait précédé la progression vers Bukavu. Après la chute de la cité de Minova, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient tenté d’établir des positions défensives autour du lac Kivu et dans plusieurs localités stratégiques comme Kalungu, Nyabibwe, Nyamukubi ou encore Ihusi.
Des affrontements ont duré plusieurs semaines, provoquant déplacements massifs de populations et tensions croissantes dans la région. Toutefois, la chute progressive des positions militaires, notamment à Ihusi considérée comme un dernier verrou, a facilité l’avancée rebelle vers Bukavu.
Des témoignages relayés par des médias locaux indiquent que certaines unités des FARDC ont été aperçues en repli ou sans coordination claire sur l’axe Kabamba–Katana–Kavumu–Bukavu, alors que d’autres continuaient les combats ailleurs. Cette situation a contribué à un climat de confusion et d’inquiétude dans la population.
Le 13 février, des combattants de l’AFC/M23 ont été signalés près de Kavumu, notamment autour de l’aéroport stratégique. Dans la foulée, plusieurs responsables civils et militaires auraient quitté Bukavu discrètement, accentuant la peur au sein de la population.
L’absence d’autorité effective a favorisé des scènes de pillage, notamment dans certains entrepôts humanitaires et installations industrielles. Des jeunes civils ont parfois eu accès à des armes abandonnées, aggravant l’insécurité durant plusieurs jours.
Le dimanche 16 février, les premières troupes de l’AFC/M23 ont officiellement fait leur entrée à Bukavu. Des rassemblements publics et l’installation progressive d’une administration dans certaines zones contrôlées ont ensuite été signalés.
Un an plus tard, si certaines activités ont repris, la situation économique reste précaire :
- fermeture persistante de banques et ralentissement du trafic aérien,
- activités réduites de plusieurs ONG et institutions publiques,
- insécurité sporadique et perturbations sur certains axes routiers.
Selon des observateurs locaux, la population attend surtout la stabilisation durable de la région, la fin effective des hostilités et la réunification nationale afin de relancer pleinement l’économie et les projets de développement.
Isaka Kijana

