À Bukavu, le quartier Nyakaliba, situé dans la commune de Kadutu, est confronté à une série d’incendies dévastateurs attribués aux activités des jeunes communément appelés « Mabende ». Ces derniers, spécialisés dans la récupération de métaux usés, sont de plus en plus accusés de provoquer des sinistres aux conséquences dramatiques.
Dans la nuit du 18 au 19 mars 2026, un incendie d’une rare intensité a ravagé 41 maisons sur l’avenue Kadurhu, en face du lycée Wima, laissant 105 ménages sans abri. Ce drame vient s’ajouter à plusieurs autres cas similaires déjà enregistrés dans cette entité, alimentant la colère et l’inquiétude des habitants.
Selon le chef de quartier Nyakaliba, Faustin Ntamulume Buroko, les “Mabende” opèrent généralement tard dans la nuit, souvent après 2 heures du matin. « Ils brûlent des objets pour récupérer le fer ou d’autres métaux, ce qui constitue un danger permanent dans un milieu aussi vulnérable », explique-t-il.
Les habitations de Nyakaliba, majoritairement construites en matériaux légers et inflammables, facilitent la propagation rapide du feu. En quelques minutes, les flammes peuvent ainsi consumer plusieurs maisons, laissant des familles entières sans abri.
Le bilan humain et social est alarmant. À ce jour, plus de 800 ménages sont déjà sans abri dans ce quartier, confrontés à de graves difficultés liées au manque de logement, à l’insécurité alimentaire et aux problèmes de santé.
Face à cette situation, Faustin Ntamulume Buroko appelle la population à la vigilance et recommande des mesures préventives, notamment la mise à disposition de sacs de sable dans chaque ménage pour intervenir rapidement en cas de départ de feu.
Toutefois, au-delà des mesures d’urgence, des solutions durables s’imposent.
Plusieurs acteurs locaux plaident pour un encadrement des jeunes impliqués dans ces activités, ainsi que pour des actions des autorités visant à sécuriser les quartiers et à prévenir ces incendies à répétition.
En attendant, à Nyakaliba, la peur d’un nouvel incendie reste omniprésente, chaque nuit étant désormais perçue comme un risque potentiel pour les habitants.
Isaka Kijana

