Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 26 mars, les archevêques et évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont dressé un constat alarmant de la situation socio-économique en République démocratique du Congo. Ils ont évoqué une précarité croissante, une insécurité persistante ainsi qu’une crise humanitaire qui continue d’éroder le tissu social.
Réunis en Assemblée plénière extraordinaire du 23 au 25 mars 2026 à Kinshasa, les responsables de l’Église catholique ont centré leur message sur la nécessité d’un « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », dans un contexte national particulièrement tendu. À cette occasion, l’épiscopat congolais, par l’entremise de son secrétaire général Donatien Nshole, a également clarifié sa position sur la question de la révision constitutionnelle.
Selon lui, si le principe de révision est bien prévu par la Constitution elle-même, son opportunité dans le contexte actuel suscite de fortes réserves. Il a souligné que certaines dispositions sont intangibles et que, dans un climat marqué par l’insécurité et l’absence de consensus, engager un tel processus serait risqué.
Ce débat autour de la Constitution s’inscrit dans un climat politique polarisé. La majorité au pouvoir estime que le texte fondamental de 2006 ne répond plus aux réalités actuelles du pays et plaide pour sa réforme afin de renforcer l’efficacité de l’État.
À l’inverse, l’opposition et plusieurs organisations citoyennes redoutent une initiative aux motivations politiques, visant notamment à lever les limitations des mandats présidentiels et à favoriser un maintien au pouvoir au-delà de 2028.
Tigana Kanku

