Le procès du docteur David Balanganayi, poursuivi pour torture, tentative de meurtre et coups et blessures aggravés, continue de susciter une vive émotion à Kinshasa. Depuis le 27 mars, ce médecin comparaît devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole pour des violences infligées à une patiente après un accouchement, une affaire devenue virale suite à la diffusion d’une vidéo le montrant en train de frapper la jeune femme lors d’une suture post-partum, apparemment sans anesthésie.
À l’audience du lundi 30 mars, le prévenu a de nouveau tenté de justifier ses actes, affirmant avoir agi dans le but de sauver la vie de sa patiente. Submergé par l’émotion, il a fondu en larmes en pleine audience, contraignant le tribunal à suspendre la séance pendant une vingtaine de minutes.
À l’issue de cette deuxième audience, marquée par plusieurs témoignages, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au mercredi 1er avril 2026. Cette décision, prise avec l’aval du ministère public et des différentes parties, ouvre la voie à une étape décisive : celle des plaidoiries.
Au cours des débats, plusieurs médecins ont été entendus afin d’éclairer la cour sur les pratiques médicales en cause. Des témoignages importants ont également été recueillis, notamment ceux d’une patiente présente lors des faits et de la grand-mère de la victime. Cette dernière, Dorcas Soraya Mulema, est attendue lors de la prochaine audience, tout comme la victime elle-même.
Sur le plan médical, il a été confirmé que la jeune femme poursuit sa prise en charge à l’Hôpital Diamant, où son état fait toujours l’objet d’un suivi attentif.
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Le renvoi de l’affaire a notamment été motivé par la nécessité d’approfondir les débats, en tenant compte du statut du prévenu, présenté comme médecin de l’État. Les parties ont ainsi convenu de ce report afin de permettre un examen plus complet du dossier avant les réquisitions et les plaidoiries finales.
Très suivie par l’opinion publique, cette affaire pourrait connaître un tournant majeur dans les prochains jours. Au regard de la gravité des faits reprochés, le docteur David Balanganayi risque, en cas de culpabilité établie, une lourde condamnation, dans un dossier qui relance le débat sur l’éthique médicale et la protection des patients en République démocratique du Congo.
Tigana Kanku

