Le Conseil des Jeunes de l’Espace Lega (CJEL) hausse le ton face à ce qu’il qualifie de « système mafieux » d’exploitation illicite des minerais dans la chefferie des Wamuzimu, en territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.
Dans une déclaration officielle rendue publique le 15 mai 2026 à Bukavu, cette structure de jeunesse accuse plusieurs acteurs administratifs et opérateurs miniers d’être impliqués dans des pratiques illégales autour des ressources minières de la région.
Au centre des accusations figure l’Inspecteur provincial de la Territoriale Pool VIII, que le CJEL soupçonne de couvrir certaines activités minières irrégulières dans l’espace Lega. L’organisation dénonce une présumée protection administrative accordée à certains responsables locaux, malgré l’existence d’instructions émanant du ministère provincial de l’Intérieur.
Le CJEL cite également le chef de groupement des Banampute, Mpunte Riziki, accusé d’agir en dehors du cadre légal et administratif. Selon cette organisation, plusieurs décisions liées à la gestion des activités minières locales seraient prises au mépris des procédures établies par les autorités compétentes.
Dans son communiqué, le Conseil des Jeunes de l’Espace Lega évoque aussi l’existence d’un réseau organisé de trafic illicite de minerais opérant dans la région de Mwenga. Le nom de Léonard Misenga, présenté comme responsable de la société Misenga Mining basée à Mitobo, est cité parmi les personnes dont les activités devraient, selon le CJEL, faire l’objet d’investigations approfondies.
Face à cette situation jugée préoccupante, l’organisation exige l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’identifier les auteurs présumés de ces pratiques et d’établir les responsabilités. Elle appelle les autorités provinciales et les services compétents à agir avec fermeté pour mettre fin à l’impunité dans le secteur minier local.
Le CJEL affirme par ailleurs rester mobilisé pour défendre les intérêts de la jeunesse de l’espace Lega et préserver les ressources naturelles de la région. Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, la structure prévient que toute tentative visant à étouffer cette affaire sera considérée comme une forme de complicité supplémentaire.
Cette dénonciation intervient dans un contexte marqué par de nombreuses inquiétudes autour de la gouvernance minière au Sud-Kivu, où les questions liées à l’exploitation artisanale des minerais, à la fraude et aux réseaux illicites continuent d’alimenter les débats dans plusieurs territoires de la province, notamment à Mwenga.
Isaka Kijana

