L’actualité nationale est largement dominée par la journée « ville morte » décrétée par une partie de l’opposition pour protester contre le projet de révision constitutionnelle attribué au pouvoir en place.
Présentée comme un test grandeur nature, cette mobilisation met à l’épreuve la capacité de l’opposition à fédérer la population autour de son combat politique, tandis que le gouvernement appelle les citoyens à poursuivre normalement leurs activités.
Dans le reste de l’actualité, les débats autour de la Constitution continuent d’alimenter les tensions politiques. Sur le front sécuritaire, les États-Unis annoncent de nouvelles sanctions contre des responsables de groupes armés actifs dans l’Est du pays.
L’éducation, la justice et le sport complètent également cette riche actualité, marquée notamment par l’annulation d’un match amical des Léopards en Espagne sur fond de préoccupations liées à l’épidémie d’Ebola.
REVUE DE PRESSE DU MERCREDI 03 JUIN 2026
L’opposition hausse le ton et appelle les Congolais à rester chez eux pour dénoncer ce qu’elle considère comme une dérive du pouvoir de Félix Tshisekedi. Selon FORUM DES AS, les opposants ont lancé une offensive politique coordonnée contre le projet de révision constitutionnelle attribué au pouvoir en place.
En exil, l’opposant Moïse Katumbi, rapporte CONGO NOUVEAU, a également appelé à observer la journée « ville morte ». Dans un message vidéo diffusé en lingala, il a vivement critiqué le bilan du régime actuel.
Officiellement, affirme CHRONIK’ECO, cette initiative vise à dénoncer toute tentative de révision de la Constitution et à s’opposer à ce que les organisateurs qualifient de projet de « troisième mandat » du président Félix Tshisekedi.
Au-delà des slogans et des déclarations politiques, cette mobilisation constitue surtout un test grandeur nature pour une opposition qui cherche à retrouver sa place dans le paysage politique national.
Dans la même logique, LE POTENTIEL estime que cette journée représente le premier véritable test politique pour l’opposition.
Son niveau de mobilisation permettra d’évaluer sa capacité à convaincre et à entraîner la population derrière son combat. Un faible taux de participation pourrait être interprété comme un revers et contraindre ses leaders à revoir leurs stratégies.
Pas question cependant de journée « ville morte » pour le gouvernement, qui met en garde contre toute tentative de manipulation politique. Réagissant à l’appel lancé par une frange de l’opposition, le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, cité par LA PROSPÉRITÉ, a invité tous les agents et fonctionnaires de l’État à ne céder ni à la panique ni aux manipulations politiques. Il les exhorte à se présenter normalement à leurs postes de travail afin de remplir leurs obligations envers l’État.
Pour le gouvernement, souligne INFOS27, la continuité du service public et la protection de l’économie nationale doivent prévaloir sur les appels à la paralysie des activités.
S’appuyant sur l’article 193 de la Constitution ainsi que sur l’article 10 du Code de conduite de l’agent public de l’État, Jean-Pierre Lihau, rapporte LA TEMPÊTE DES TROPIQUES, rappelle que les fonctionnaires doivent s’abstenir de participer à des activités organisées par des partis politiques, regroupements ou organisations poursuivant des objectifs politiques susceptibles de porter atteinte à la sécurité, à l’indépendance ou à la souveraineté nationale.
« Révision ou changement de la Constitution : Olivier Kamitatu rattrapé par son mensonge », barre à la Une LE PHARE. Le journal estime que les propos récemment tenus par l’ancien président de l’Assemblée nationale sur les réseaux sociaux sont en contradiction avec les déclarations qu’il avait accordées à Jeune Afrique dans une interview intitulée : « Olivier Kamitatu : Il faut plus de pouvoir pour le chef de l’État ».
Dans son analyse, INFOS27 estime qu’en tentant aujourd’hui de nier ce qu’il défendait hier sans ambiguïté, Olivier Kamitatu se heurte à une réalité incontournable : les archives demeurent.
Le média rappelle qu’il plaidait notamment pour le renforcement des pouvoirs du chef de l’État, la suppression du poste de Premier ministre et l’allongement du mandat présidentiel de cinq à sept ans, des propositions qui impliqueraient nécessairement une révision profonde de la Constitution de 2006.
Autre sujet : Olivier Kamitatu accuse le pouvoir de faire du conflit dans l’Est de la RDC un véritable « business politique ». Invité d’un espace de discussion en ligne, rapporte FORUM DES AS, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi a accusé le régime de tirer profit de la guerre dans l’Est du pays, allant jusqu’à suggérer que ce conflit serait entretenu pour justifier un maintien prolongé au pouvoir.
Sur le plan sécuritaire, les États-Unis ont annoncé mardi de nouvelles sanctions contre deux hauts responsables de groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. Il s’agit, selon LEPOUVOIRDUPEUPLE.COM, de Gustave Kubwayo, affilié aux FDLR, et de John Imani Nzenze, présenté comme chef du renseignement du M23.
Washington, précise OURAGAN.CD, a indiqué que ces sanctions entraînent le gel de tous les biens et intérêts financiers détenus par ces responsables aux États-Unis ou contrôlés par des personnes américaines.
Poursuivons cette revue de presse avec LA TRANSPARENCE, qui s’intéresse à la justice militaire. Selon le journal, dans l’un des procès les plus attendus et controversés du moment, l’auditeur général des FARDC, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, se retrouve au cœur d’une tempête judiciaire et médiatique. Le dossier monté contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung fait l’objet de nombreuses critiques, notamment en raison de l’absence de preuves matérielles, de témoignages contradictoires et de soupçons de règlements de comptes internes.
À quelques jours du lancement des principales épreuves certificatives nationales, L’AVENIR annonce que l’Inspection générale de l’Éducation nationale a obtenu la levée de la menace de boycott brandie par les inspecteurs de l’Est du pays.
Rassurés quant au paiement de leurs arriérés liés aux examens de 2025, les membres du Syndicat national des inspecteurs de l’enseignement au Congo ont donné leur feu vert à l’organisation normale de l’ENAFEP, du TENASOSP et de l’Examen d’État sur toute l’étendue du territoire national.
Sport à présent. Le match amical prévu entre la RDC et le Chili en Espagne a été annulé sur fond de craintes liées à l’épidémie d’Ebola. Selon CHRONIK’ECO, à quelques jours de la Coupe du monde 2026, les Léopards font face à une situation inattendue.
Le maire de La Línea de la Concepción, dans le sud de l’Espagne, a interdit la tenue de cette rencontre prévue le 9 juin, invoquant des préoccupations sanitaires liées à l’épidémie qui sévit actuellement en RDC.
Pour LA RÉFÉRENCE PLUS, cette décision est tombée comme un véritable coup de massue, provoquant une vague d’indignation et de tristesse à travers tout le pays.
Tapie Lutunu et Réveil Congo

