Ce serait un coup dur pour Félix Tshisekedi si, après la chute de Congo Airways, la Société de Transport au Congo (Transco), fondée en 2013 sous le régime Kabila, fermait ses portes sous le régime de Tshisekedi. Les gestionnaires de cette entreprise semblent même ne pas comprendre l’impact économique de cette fermeture sur le pays, ni la réputation de l’actuelle administration.
Veut-on faire comprendre au peuple congolais que les dirigeants de la Transco n’ont pas analysé les raisons de la fermeture des anciennes sociétés de transport congolaises ? Veut-on également montrer aux Congolais que même pour la gestion d’une entreprise aussi importante que la Transco, tout doit être financé par le gouvernement ?
Qui a maudit la plupart de dirigeants congolais à ne pas être assez inventifs, innovateurs au point de faire, si pas plaisir au Président de la République, mais, ne serait -ce qu’au peuple qui vaque difficilement chaque matin à ses occupations, et cherche à regagner son toit en toute sérénité?
Autant d’interrogatoires taraudent les esprits des clients de Transco. Ces derniers, en effet, on les voit suspendus sur des files indiennes kilométriques, dans des arrêts de bus pour attendre les bus de Transco. Pire, parmi eux, on voit des personnes de troisième âge qui par manque de moyens conséquents sont condamnées à se déplacer à bort des bus de Transco.
Cette crise serait due à un problème de fourniture de carburant et de lubrifiants par le gouvernement.
Le week-end dernier, le dossier a fait l’objet d’échanges au Conseil des ministres. Mais, l’on est loin du bout du tunnel.
Si l’on n’y prend garde, des milliers d’employés seront jetés dans la rue. Et comme il en est de coutume en RDC, le dommage causé passera sous silence et les responsabilités ne seront pas établies.
Malgré les cris de détresse des hommes et femmes employés au sein de cette société sous tutelle du ministère des Transports et Voies de communication, le gouvernement fait la sourde oreille. Comme qui dirait, c’est le cadet de ses soucis. Ceci ressemble à un malade pour lequel les responsables refusent d’acheter les médicaments et ne veulent respecter la consigne du médecin malgré l’état critique de la santé du malade. Ce qui ne peut qu’être qualifié d’une mort programmée, surtout quand on sait que le carburant et lubrifiants ne sauront être livrés à temps.
Sur les 350 bus dont dispose Transco, seuls 50 peuvent être à peine visibles. Le gros du lot est ainsi affecté à la location par certains parents pour le déplacement de leurs enfants (de la maison à l’école et vice-versa. Ceci rend très difficile la mobilité des Kinoises et Kinois.
En temps normal, c’est seulement 250 bus que la société déploie chaque jour sur les routes de Kinshasa, même si la satisfaction et le confort dans les bus Transco restent discutables.
Depuis quelques semaines, seuls quelques dizaines de bus sortent du parking. Après un début de décaissement des fonds par le gouvernement le weekend dernier, la société n’a pu faire circuler que 110 des 250 bus, selon un des responsables de la société qui a requis l’anonymat. Et depuis, des colonnes d’écoliers ont déferlé le matin les boulevards de la capitale, pendant que des fonctionnaires et autres passagers se sont entassés dans des bus de fortune communément appelés « esprit de mort », pourvu qu’ils atteignent le centre ville. Cette situation est une aubaine pour les taxi motos qui ont fait monter les enchères en doublant le prix de la course.
Selon certains experts, le fait que la société Transco manque de carburant pour ses bus, les problèmes deviennent de plus en plus complexes. Pour résoudre cette situation, le gouvernement congolais est censé payer près d’un million de dollars américains chaque mois à la société à titre de subvention de carburant, de lubrifiants et de pièces de rechanges. L’Etat congolais doit également débourser des fonds pour compenser les pertes qu’encaisse Transco en livrant ses services 4 à 6 fois moins chers. Mais depuis plusieurs mois, l’État ne verse plus ces subventions. Tout comme 1,7 million de dollars américains de prime que la société devrait toucher depuis deux ans au titre du transport de passagers non payants tels que les militaires, policiers et membres de la Croix-Rouge.
Tout ceci, mis ensemble, atteste bel et bien que l’État congolais veut volontairement pousser à la faillite une entreprise qu’il a créée avec trop de peines. Un enfant difficilement acquis qui est en voie d’être tué par ses propres géniteurs. Étonnant.
Répétition de l’histoire
Si l’on examine de près l’histoire récente des investissements dans le domaine des transports en République démocratique du Congo, on constate rapidement que le gouvernement a du mal à préserver les progrès réalisés. Des entreprises telles que Sotraz, City train, Trans urbain, Transkin et New Retranskin ont toutes rencontré les mêmes difficultés avant de faire face à des faillites programmées.
Face à cette situation qui compromet les investissements publics, le gouvernement doit être vigilant, identifier clairement le problème et proposer des solutions durables pour éviter une catastrophe. Si la RDC aspire à devenir un pays émergent, elle ne peut rester à la traîne en matière d’investissements publics.
Le président Félix Tshisekedi, entamant son deuxième et dernier mandat, doit reconnaître que parmi ceux censés le soutenir pour réussir, nombreux sont ceux qui manquent de compétence et ne pensent qu’à leurs intérêts personnels avant même d’être nommés à des postes de responsabilité.
Il est indéniable que le peuple congolais demandera des comptes au président Félix Tshisekedi à la fin de son mandat. Par conséquent, il est impératif d’exiger de lui et de tous ceux chargés de diriger les affaires de l’État un haut niveau de rigueur à tous les niveaux.
AKAMUS

