« Fin cop », comme disent les Kinois pour expliquer que le travail est complètement achevé. Kabuya s’en sort satisfait, travail sûrement remarquable, mais pas facile devant une classe politique toujours nerveuse à l’heure du partage de gâteau.
À présent, conformément à sa promesse, Félix Tshisekedi qui sent le poids de son deuxième mandat, ne va pas tarder à nommer un premier ministre.
Un mauvais choix de Premier Ministre pourrait compromettre l’ensemble du second mandat et avantager les ennemis qui cherchent à exploiter les fissures au sein des institutions congolaises pour paralyser le pays. En revanche, un technocrate compétent à la tête du gouvernement pourrait apporter des solutions durables au pays.
Qui sera finalement choisi ? Lui seul le sait. Cependant, lors d’une déclaration publique de Kabuya devant le siège de l’UDPS, une fuite a circulé, provenant de sa propre bouche, indiquant que le Premier Ministre ne serait pas originaire de la même province que le Chef de l’État, mais plutôt d’une autre province.
Depuis lors, les Congolais s’interrogent sur plusieurs noms, dont celui de Jean-Pierre Lihau, cité notamment par Fathsi lors d’un briefing presse.
Dans ce temps de suspense où les aspirants au pouvoir sont nerveux, craignant de ne pas trouver leur place dans le mandat de Félix, il est impératif que les politiciens congolais priorisent l’intérêt de la population. Participer au développement du pays est possible même en dehors des institutions.
Félix Tshisekedi est confronté à de nombreux défis : la montée en puissance des partisans de Kagame, l’augmentation du coût de la vie, l’insécurité, la réforme de l’éducation gratuite devenue une source de financement pour certains enseignants, et l’attente de réformes judiciaires pour
une meilleure application de la peine de mort.
Face à ces enjeux, la population surveille de près les politiciens, prête à sanctionner ceux qui cherchent uniquement des postes au sein du gouvernement, en sa défaveur.
Kabuya a rempli son devoir
Après deux mois de travail intense, Kabuya mérite maintenant de se reposer, peut-être au bord du fleuve Congo. Son rapport volumineux présentant les conclusions de ses consultations politiques a été remis au Chef de l’État Félix Tshisekedi. Il appartient désormais à ce dernier de décider des prochaines étapes.
Le silence d’Augustin Kabuya est une preuve de sagesse. Pendant ces deux mois, il a probablement été confronté à la réalité du pouvoir et aux jeux politiques. Tout ce qu’il a appris lui permettra de mieux gérer les défis à venir.
Aubin KANDEMBI

