Le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa est ciblé par la justice congolaise suite à ses différentes prises de position à l’égard du pouvoir de Kinshasa.
Dans une correspondance du Procureur Général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, datée du 27 Avril 2024, ce prélat catholique est accusé d’afficher un comportement séditieux entraînant faits infractionels.
M. Mvonde affirme qu’il avait déjà invité le Cardinal Fridolin Ambongo par le passé mais ce dernier avait décliné l’invitation.
C’est dans cette optique qu’il a instruit le Procureur Général du tribunal de grande instance de Kinshasa-Matete pour ouvrir à l’encontre du numéro 1 de l’Eglise Catholique au Congo une information judiciaire.
Selon la justice congolaise, les déclarations de l’archevêque de Kinshasa sont considérées comme potentiellement nuisibles, décourageant les militaires engagés dans l’Est du pays contre les groupes rebelles.
Le procureur général de la Cour de cassation affirme que ces actions violent délibérément les consciences et semblent encourager les populations à se révolter contre les autorités établies ainsi qu’à commettre des actes attentatoires à la vie humaine.
Dans la même correspondance, Firmin Mvonde insiste et met en garde le procureur général de de Matete contre toute tentative de déni de justice ou de complicité face aux agissements reprochés à l’archevêque.
D’après les premières réactions recueillies, cette démarche inhabituelle à l’encontre de la plus haute autorité religieuse catholique de la RDC pourrait provoquer des tensions significatives au sein de l’Église et de la Société civile.
Les chrétiens catholiques qui, dans un passé récent avaient lancé une campagne virale « Ne Touche pas à mon Cardinal », après le traitement dégradant dont Fridolin Ambongo avait été victime à l’aéroport international de Ndjili, font un bloc derrière leur chef spirituel.
L’affaire risque de prendre une tournure inattendue entre le régime de Félix Tshisekedi et l’église catholique romaine, estime -t-on.

