Alors que l’arrêt de la Cour constitutionnelle dans l’affaire Bukanga-Lonzo est attendu dans les heures à venir, la tension monte au sein de l’Assemblée nationale. Plusieurs députés haussent le ton contre le silence du bureau face à la demande formelle du Collectif C50, qui exige un positionnement institutionnel clair de la chambre basse sur les violations présumées des immunités de leur collègue, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.
Le lundi 12 mai, en séance plénière, le député Alfred Dibandi Nzondomyo a relancé l’initiative en interpellant le 1er vice-président de l’Assemblée, Isaac Jean Claude Tshilumbayi, sur l’urgence d’intégrer le projet de résolution à l’ordre du jour. « Le projet a été porté par plus de 100 députés. Il est inacceptable qu’il soit écarté comme s’il n’existait pas », a-t-il fustigé, rappelant que le silence du bureau affaiblit les droits fondamentaux des parlementaires.
Dans la foulée, l’élu de Moba, Christian Mwando Nsimba, est allé plus loin en dénonçant une confusion dangereuse entre les démarches personnelles du président Vital Kamerhe et la nécessité d’un acte formel de l’Assemblée. « Nous n’élisons pas un président pour qu’il agisse seul. Il nous faut un acte d’assemblée, pas des contacts privés », a-t-il martelé, redoutant une surprise judiciaire si l’Assemblée ne se prononce pas officiellement.
Le cœur du malaise reste le procès Bukanga-Lonzo, où le ministère public a requis le 23 avril dernier dix ans de travaux forcés contre Matata Ponyo, assortis de son arrestation immédiate et d’une inéligibilité de même durée. Un verdict qui pourrait tomber à tout moment, d’autant plus que les prévenus ont été jugés par défaut, après leur refus de comparaître.
Pour les élus du C50, il ne s’agit pas de s’ingérer dans la justice, mais de défendre l’institution parlementaire face à ce qu’ils estiment être une érosion progressive des immunités. Dans les coulisses, une rencontre entre Vital Kamerhe et le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta, serait envisagée. Mais pour beaucoup de députés, seule une position officielle de l’Assemblée nationale pourra sauver la face et rétablir l’équilibre institutionnel.

