64 jours se sont écoulés depuis que le Président Félix Tshisekedi Tshilombo a entamé son second et dernier mandat. La semaine du 25 au 31 Mars marque une période cruciale où d’importants changements politiques, judiciaires et sécuritaires sont attendus avec impatience par les Congolais.
Sur le front politique, l’informateur Augustin Kabuya, nommé depuis le 07 Février, devrait déposer son rapport final le 27 Mars, conformément au calendrier. Le Président Tshisekedi a clairement indiqué son intention de nommer un Premier ministre peu après la réception de ce rapport. Des indiscrétions politiques révèlent que Kabuya s’efforcera à rencontrer le Chef de l’État le Lundi soir, ou le Mardi dans les après -midi pour lui remettre le rapport final de ses consultations.
Cependant, certains politiciens opportunistes cherchent déjà à obtenir des faveurs en affichant un soutien inconditionnel au Président. Mais Tshisekedi doit rester vigilant face à ces manœuvres, sachant que son second mandat est marqué par d’énormes défis, notamment la lutte contre l’insécurité dans l’Est du pays et la vie sociale.
Dans une rencontre qu’il a eue avec la porte-parole du Gouvernement, l’informateur Augustin Kabuya a laissé entendre qu’il a réalisé 90 % du travail qui lui a été confié. « Nous sommes pratiquement à 90 % de nos travaux et nous allons bientôt présenter les conclusions au Président de la République », a-t-il dit. Actuellement, il effectue les derniers ajustements afin de rencontrer le président Félix Tshisekedi soit le lundi soir, soit le mardi dans la journée.
Loyal, oui, hypocrite, non !
À présent, dans les coulisses politiques ainsi que sur les plateaux de télévision, de nombreux politiciens avides de pouvoir se distinguent par leur agitation, affichant un soutien sans faille au Président Félix Tshisekedi. Les plus audacieux prennent le risque de passer sur les chaînes de télévision et les stations de radio pour se présenter comme des partisans loyaux et inflexibles.
Dans tous les cas, c’est là aussi la dynamique politique de la République démocratique du Congo. On loue, on vante, on vénère même le chef pour gagner sa sympathie, mais ensuite, la transformation de cette même catégorie de politiciens surprend tout le monde, au point de se demander s’il s’agit d’un enchantement ou autre chose.
Ce sont ces mêmes politiciens qui applaudissent la levée du moratoire sur la peine de mort et qui, demain, ne seront plus reconnus par personne, car ils seront prêts, comme d’autres qualifiés de « brebis égarées » par l’UDPS, à recourir à des armes physiques ou verbales, ne se retrouvant nulle part dans le gouvernement Fatshi 2.
Le deuxième mandat de Félix Tshisekedi est un mandat de défis colossaux. Les technocrates qui seront nommés tant dans les ministères que dans les régies financières doivent agir avec détermination. Il n’est pas question de prendre des risques inutiles.
Si la pandémie de Coronavirus 19 et les tensions au sein de la coalition FCC-CACH ont été des excuses favorables pour le premier mandat, cette fois-ci, les poches d’insécurité dans l’Est de la RD Congo, avec la prolifération de groupes armés, constitueront probablement des obstacles majeurs pour empêcher Félix Tshisekedi d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés le 20 janvier dernier. Pour surmonter ces défis, Félix Tshisekedi a grandement besoin de leaders compétents capables de proposer des solutions novatrices.
La réintroduction de la peine de mort pourrait, dans une certaine mesure, aider le gouvernement à contrer l’agression rwandaise. Malgré les discussions et les déplacements du Président Félix Tshisekedi sur le terrain, il est évident qu’il reste beaucoup à faire pour lutter contre la guerre imposée par le M23. Les futurs membres du gouvernement devront donc y réfléchir sérieusement pour ne pas être submergés par les manœuvres de Paul Kagame.
Dans ce deuxième mandat, des changements significatifs sont observés dans la construction et la réhabilitation des infrastructures dans le cadre du projet de 145 territoires. Les Chinois, soucieux de leur réputation, travailleront efficacement dans ce domaine.
Sur le plan économique, avec la forte dépréciation monétaire impactant le pouvoir d’achat des Congolais, ces derniers attendent des solutions rapides du gouvernement pour répondre à leurs besoins alimentaires. Malgré les promesses antérieures de Fatshi béton de faire de la RDC « l’Allemagne de l’Afrique » et de stimuler l’économie pour créer des emplois, l’inflation continue d’augmenter, la croissance stagne et le franc congolais se déprécie sur le marché. Stabiliser la monnaie et relancer l’économie demeurent donc des priorités pour Fatshi 2.
Pour assurer une gestion transparente des fonds publics, il est vivement recommandé d’adopter des mesures coercitives pour sanctionner les ministres corrompus et détourneurs des deniers publics. Il est pertinent de soutenir le plaidoyer du Professeur NGOMA BINDA, qui propose dans la vidéo ci-dessous que les ministres corrompus soient exécutés ou voient leurs biens illégalement acquis confisqués, selon des barèmes de montants détournés qui seront fixés. Cela implique l’application d’une sanction proportionnelle à chaque montant détourné.
Aubin KANDEMBI

