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Revue de Presse

Crise à l’Est : dilemme entre dialogue avec le M23-AFC et rester ferme ?

Le duo CENCO-ECC ainsi que le duo Assemblée Nationale-Sénat proposent des solutions à Félix Tshiskedi pour sortir de la crise sécuritaire. Avant tout, nous avons quelques questions pertinentes qui peuvent nous servir de boussole dans cette revue de presse :

  1. Le président Félix Tshisekedi peut-il maintenir une position de fermeté face aux rebelles tout en répondant aux initiatives du duo CENCO-ECC
  2. Le dialogue est-il une solution viable pour résoudre la crise sécuritaire à l’Est de la RDC, ou risque-t-il d’affaiblir davantage la souveraineté nationale ?
  3. Quels sont les enjeux géopolitiques et économiques cachés derrière les pressions pour un dialogue, notamment le rôle des puissances occidentales et du Rwanda dans la crise ?
  4. Le dialogue prôné par la CENCO et l’ECC peut-il réellement aboutir à une solution durable, ou risque-t-il d’être instrumentalisé pour un partage du pouvoir sans effet concret sur la sécurité des populations ?
  5. Quelles alternatives au dialogue pourraient être envisagées pour garantir la sécurité et la stabilité à long terme en RDC ?
  6. Dans quelle mesure la pression de la communauté internationale influence-t-elle la prise de décision du gouvernement congolais face à l’option du dialogue, et pourquoi les sanctions contre le Rwanda tardent-elles à être mises en œuvre ?
  7. Quels enseignements tirer des précédents dialogues en RDC et comment éviter qu’une nouvelle négociation ne soit perçue comme un simple partage du pouvoir au détriment d’une véritable solution à la crise sécuritaire ?

Au-delà de ces questions, vous pouvez constater dans la presse congolaise une panoplie de titres parlant du dialogue, les uns soutenant ladite démarche, les autres, par contre, redoutent le succès de cette démarche des princes des églises. Vous avez des titres, des genres, entre autres : « Dialogue, négociations, cessez-le-feu : Fatshi entre résignation et honneur, Un dialogue sur fond de contestations :  La participation éventuelle du M23 et de l’AFC divise les Congolais, Mobilisation des Congolais /Dialogue direct avec le M23-AFC : Tshisekedi sous pression, Résolution de la crise sécuritaire en RDC, Le schéma du dialogue se dessine » etc..

Ouvrons le bal avec Le JOURNAL JOURNAL  qui rapporte que, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et politique en République démocratique du Congo (RDC), les deux Chambres du Parlement congolais ont pris des mesures significatives lors de la première partie de leur session extraordinaire. Après les initiatives récentes de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo) pour proposer des solutions à la crise, c’est désormais au tour du Parlement de se positionner.

Selon les informations relayées par le Journal Journal , les stratégies de sortie de crise adoptées par les députés et sénateurs ont été réservées en priorité au chef de l’État, Félix Tshisekedi. « La rapporteure du Sénat, Nefertiti Ngudianza, a détaillé les axes majeurs de ces stratégies, qui incluent notamment le renforcement de la sécurité des frontières, la protection du territoire national, la sécurisation des populations, le soutien aux forces de sécurité, la condamnation des agresseurs et la sauvegarde de l’indépendance économique. Ces mesures visent à répondre aux défis multidimensionnels auxquels fait face le pays, en particulier dans les régions de l’Est, en proie à des violences persistantes », peut-on lire dans les colonnes de ce tabloïde.

Sur le même chapitre, dans son édition du jour, La PROSPERITE revient sur les travaux de la Commission mixte Assemblée nationale-Sénat, mise en place le 4 février 2024 pour examiner la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Selon ce tabloïde, la Commission, éclatée en cinq sous-commissions (Défense et sécurité, Politique, Administrative et Juridique, Socio-culturelle, Relations extérieures et Économie/Finances), a rendu son rapport général le 5 février. L’honorable Néfertiti Ngudianza, rapporteur du Sénat, a détaillé les propositions formulées par les parlementaires, parmi lesquelles le renforcement de la sécurité aux frontières, la protection du territoire national et la condamnation des agresseurs.

Cette quotidienne rapporte également que la Commission a auditionné plusieurs membres du gouvernement, dont les Vice-Premiers ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense, ainsi que des représentants des Affaires sociales et des Affaires étrangères. Les discussions ont permis d’élaborer des stratégies politiques et diplomatiques pour sortir de la crise, contenues dans un document unique transmis au Président Félix Tshisekedi.

Abordant par ailleurs la question du dialogue comme l’une des pistes de sortie de crise, le Le Potentiel, met en avant un sujet brûlant qui divise l’opinion congolaise : la question d’un dialogue avec le M23-AFC. Sous un titre percutant, « Mobilisation en RDC : Tshisekedi sous pression pour éviter le dialogue avec le M23-AFC », le journal s’interroge sur les enjeux de cette éventuelle négociation.

Ce quotidien rappelle que la situation sécuritaire à l’Est du pays reste critique, exacerbée par les incursions des troupes rwandaises, notamment à Goma, où la population a subi de lourdes pertes. Face à cette réalité, la question se pose : le président Tshisekedi cèdera-t-il aux pressions internes et externes pour engager un dialogue avec les rebelles soutenus par Kigali ?

Revenant sur le dialogue mentionné par le speaker de l’Assemblée Nationale, OURAGAN largue « Kamerhe diabolisé ». « Le speaker de l’Assemblée Nationale a brisé les codes. Peut-être, le contexte s’y prête.  Jamais depuis le début de la guerre d’agression, le mot « dialogue » n’est sorti de la bouche d’un baron de la famille politique au pouvoir. Le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a osé le dire ouvertement devant les députés. Seule nuance, « dialoguer mais pas vendre le Congo », vous pouvez lire dans ce journal.

Le POTENTIEL rapporte que plusieurs voix s’élèvent contre toute forme de négociation, estimant qu’elle reviendrait à légitimer l’agression et à récompenser les instigateurs de la violence. « Un dialogue serait vu comme le partage des postes », avertissent certains Congolais interrogés par le journal. Une crainte partagée par Jean-Claude Kibala, ancien ministre de la Fonction publique, qui redoute une issue politique plutôt qu’une véritable solution pour la paix.

Toutefois, d’autres observateurs plaident pour une approche diplomatique, mais restent sceptiques quant à son aboutissement. « Avec qui et dans quel but ? » s’interroge Mgr Melchisédech Sikuli Paluku, évêque de Beni-Butembo. Une interrogation qui traduit le malaise ambiant autour de cette question.

Pendant ce temps, les soutiens internationaux adoptent une posture prudente, tout en reconnaissant la gravité de la situation. Mais le Potentiel souligne une contradiction : alors que le Rwanda est accusé de soutenir le M23-AFC, aucune sanction concrète ne lui a été imposée.

Dans ce climat de tension et d’incertitude, le journal conclut sur un fait indéniable : la population congolaise refuse tout compromis qui fragiliserait davantage la souveraineté du pays. Le président Tshisekedi parviendra-t-il à maintenir le cap sans céder aux pressions ? Une question qui demeure ouverte.

Le QUOTIDIEN alerte sur les erreurs du passé dans le schéma du dialogue qui se dessine au pays : « Le schéma du dialogue se dessine »,  et d’avertir : « il faut éviter les erreurs du passé ».

Si la voie du dialogue semble tracée pour une solution à la crise en RDC, ce journal met en garde contre les dérives qui ont marqué les précédentes négociations. Il rappelle que les discussions post-conflit avec le RCD, le CNDP et le M23 ont gravement nui à la sécurité nationale. Le pays en subit encore aujourd’hui les conséquences, notamment à travers le brassage et le mixage au sein de l’armée, qui ont permis à des individus sans formation militaire adéquate d’accéder à des postes clés.

Pire, l’armée congolaise a été infiltrée, compromettant les stratégies de défense et exposant des informations confidentielles à l’ennemi. Une autre erreur majeure serait de transformer ces négociations en un simple partage du pouvoir, un scénario récurrent qui a souvent abouti à la création de postes nominatifs au sein des institutions.

Ce journal suggère plutôt de renforcer les institutions en place au lieu d’en créer de nouvelles qui ne seraient que des gouffres financiers. Le journal cite en exemple le Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA), qui, malgré son inefficacité, continue à peser sur le budget de l’État.

Pour un véritable dialogue inclusif tel que proposé par la CENCO et l’ECC, Marie Josée Ifoku préconise la mise en place d’un cadre légal, écrit de son côté « L’AVENIR ».

Sans nécessairement cherché à s’ériger contre la démarche de la CENCO et de l’ECC, Marie-Josée Ifoku s’inscrit en faux contre des dialogues menant au partages des postes ministériels sans rien changer concrètement dans la quotidienne des congolais ni mettre fin à l’insécurité dans le pays mais préconise la création d’un gouvernement d’urgence avec un méga ministère offrant un cadre légal à la démarche des princes de l’Eglise.

« Dialogue, négociations, cessez-le-feu : Fatshi entre résignation et honneur », titre la LATEMPETE DES TROPIQUES.INFO Ce média interpelle : « Les conséquences du brassage, mixage, amnistie recherchés à travers le dessous du dialogue sont encore lourdes à supporter.  A Fatshi devant renforcer la mobilisation et l’unité du pays de trouver des voies acceptables pour protéger la RDC dans ses limites obtenues en 1960.
Une forte pression est aussi en cours pour l’amener à satisfaire les intérêts de différents profiteurs des richesses du pays ».

La REFERENCE publie à l’intérieur de ses colonnes l’analyse de M.  Philippe Dephill Lipo                 qui réfléchit sur le caractère de ce dialogue, titrant d’ailleurs : « Un dialogue sur fond de contestations La participation éventuelle du M23 et de l’AFC divise les Congolais ».

Un dialogue de trop sans effet ! En parcourant l’histoire politique de la République Démocratique du Congo, force est de constater qu’aucun de plusieurs dialogues qui depuis 1960 se sont déjà tenus tant en public qu’en secret par des politiciens congolais en temps de crise n’a pu faire sortir définitivement ce pays de l’impasse.

Au contraire, l’impression est que chaque dialogue viendrait seulement détourner le peuple congolais de son combat pour la conquête de ses libertés individuelles et collectives indéniables et les faire reculer davantage. C’est ainsi que d’aucuns croient dur comme le fer que le dialogue actuel proposé par les princes des églises catholique et protestant  dans l’hypothèse où ceci aurait effectivement lieu, risque d’offrir sur un plateau doré la grande et riche République Démocratique du Congo au petit Rwanda, avec la bénédiction, mieux la complaisance des puissances occidentales qui, pour les Congolais, sont les véritables auteurs de ces troubles que le pays connaît depuis plus pu moins trois décennies dans sa partie orientale à cause des minerais rares qui s’y trouvent et lesquels s’avèrent indispensables pour leurs industries de pointe. Et pour cause : le Président de la République, Félix Tshisekedi, serait autour de la table de cette probable négociation en position de faiblesse.

Au point que pour rétablir la paix sur l’ensemble du territoire congolais, le gouvernement de la République serait prêt à faire des concessions inadéquates d’un grand peuple face à l’ennemi en présence que sont le Rwanda et les multinationales qui seront représentés par le soi-disant M23 et l’AFC Négocier avec le Rwanda, à travers le M23 et l’AFC, dans des conditions actuelles ne serait plus une négociation, affirment d’autres têtes pensantes de la RDC. Mais une capitulation pure et simple, avec certainement la ratification officielle de la cession d’une partie du territoire national. Comme c’est le désir ardent des évêques catholiques et protestants, un quelconque dialogue avec les opposants politiques non armés à Félix Tshisekedi risque aussi de tourner les choses en rond. La preuve en est que des conflits qui ont toujours eu lieu dans le pays sont semblables aux baobabs qui cachent en vain la forêt. Cela est d’autant vrai que les véritables commanditaires de cette guerre qui est imposée à la RDC sont derrière la plupart de ces opposants politiques armés et non armés.

En conséquence, le peuple congolais ne pourrait espérer rien de bon qui pourrait émaner de cet ième prétendu dialogue en ce sens que les co-débateurs seraient comme souvent, des simples exécutants des ordres venus directement des capitales des pays occidentaux, qui sont les véritables instigateurs de cette agression rwandaise qui, pour eux, est une prédation certes, mais un moyen pour ces anciens colonisateurs des pays africains d’affirmer leur néo-colonialisme d’une manière quasi barbare. Ces puissantes multinationales qui donnent des ordres au Rwanda d’attaquer le pays de Lumumba avec armes et munitions mises à sa disposition ne donnent pas à l’opinion nationale, au regard de leur mode opératoire sur le territoire national conquis par l’armée rwandaise avec ses supplétifs de M23, l’impression d’avoir ni l’éthique ni le bon sens ni la compassion pour les millions des vies des Congolaise et Congolais tués.

Pour ces pays occidentaux et leurs multinationales, ce qui compte, c’est exclusivement l’accumulation des profits en pillant littéralement les riches et rares mines de la RDC à peu de frais. Fort de tout ceci, il règne déjà un scepticisme dans les esprits de plusieurs Congolais qui prophétisent déjà que le dialogue que projette d’organiser les pères de l’église catholique et protestante pourrait conduire l’ex-Zaïre nulle part. Le Congolais lambda pense que ce dialogue pourrait accoucher d’une souri tandis que le Rwanda avec le soutien de la communauté internationale dans son ensemble serait en train de s’approvisionner discrètement en matériels de guerre et munitions pour enraciner ses pieds sur Goma, aux alentours de Bukavu et pourquoi pas à infiltrer ses hommes dans tout le pays afin de prendre le pouvoir pour placer à la tête du pays un Congolais qui sera éternellement son vassal. Des agendas cachés Les politiciens congolais qui vont se réunir autour d’une table pour tenter de résoudre la crise sécuritaire dans leur beau et cher pays viendraient certainement avec leurs agendas cachés.

En ce sens que chacun poursuivra son gain personnel au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation. Ils seront foncièrement égoïstes et narcissiques. Ils penseront à tout, sauf aux intérêts vitaux du peuple congolais au nom de qui ils vont prétendre parler. Et ce moment où le pays est ouvertement menacé par une guerre symétrique mettant en danger sa survie, eux ne réfléchiront qu’en termes de positionnement. Raison pour laquelle le Congolais lambda s’attend à la formation d’un gouvernement de cohésion nationale à l’issue de ce dialogue. Et pour le M23 et l’AFC, l’intégration aveugle de leurs hommes dans la sphère militaire du pays. Comme quoi tous les protagonistes qui vont se retrouver autour de cette table de dialogue vont se partager en les postes et les carrés miniers afin de bâtir leurs empires familiaux en un temps record…. Une terrible condition sine qua non pour enterrer apparemment la hache de la guerre. Un dialogue différent d’autres dialogues A en croire les organisateurs de ce dialogue, à la différence des dialogues précédents qui étaient orientés par des agendas des politiques, le présent dialogue serait un consensus national sur la gouvernance du pays dans ses différents aspects qui est à espérer… Qui vivra verra !

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