L’actualité politique congolaise est dominée ce jeudi par l’annonce de Moïse Katumbi selon laquelle les dirigeants de la C64 envisagent de se rendre à Goma pour rencontrer Joseph Kabila. Cette initiative suscite déjà des réactions au sein du gouvernement, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, mettant en garde contre d’éventuelles poursuites judiciaires en cas de déplacement sans autorisation. Sur le front sécuritaire, le ralliement annoncé du général François Kamanzi au mouvement de Joseph Kabila ravive les inquiétudes sur les infiltrations présumées au sein des forces armées.
Pendant ce temps, l’application de l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali peine à progresser, tandis que MSF alerte sur les obstacles à la prise en charge des survivantes de violences sexuelles dans le Nord-Kivu. Le dernier rapport des Nations unies fait également état d’une hausse des violations des droits humains. Enfin, l’actualité judiciaire est marquée par le report du procès de l’influenceuse Dusauchoy, alors qu’un incendie au Centre médical Diamant, à Kinshasa, a provoqué l’évacuation des patients sans faire de victimes.
Voici l’essentiel à retenir dans cette revue de presse.
REVUE DE PRESSE DU JEUDI 05 NOVEMBRE 2026
Ouvrons cette revue de presse avec FORUM DES AS, qui annonce une nouvelle séquence politique controversée autour de Moïse Katumbi et de la C64. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président d’Ensemble pour la République a indiqué que les responsables de cette plateforme envisagent de se rendre à Goma pour rencontrer l’ancien président de la République, Joseph Kabila.
Ce projet de rapprochement entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila suscite déjà des réactions au sein de la classe politique. D’après LE POTENTIEL, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a haussé le ton, avertissant que les personnalités politiques qui prendraient une telle initiative sans autorisation du gouvernement pourraient s’exposer à des poursuites judiciaires.
Pour LE NOUVEL OBSERVATEUR, la situation en RDC devient de plus en plus complexe, notamment avec l’entrée en scène du Front pour la refondation de la nation, créé par un ancien président ayant dirigé le pays pendant 18 ans. Le journal estime que le pays se retrouve entre le marteau et l’enclume, alors que les différents processus de paix semblent dans l’impasse.
Mais pour le président ougandais, cité par LA RÉFÉRENCE PLUS, seul le dialogue peut mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC, où l’armée congolaise fait face aux rebelles du FRN, soutenus par le Rwanda. Yoweri Museveni dénonce « l’entêtement à refuser de parler », qu’il considère comme une source de souffrance pour les Congolais.
Sur le plan sécuritaire, le ralliement du général François Kamanzi au mouvement politico-militaire de Joseph Kabila, associé aux révélations du porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge, sur un prétendu double jeu et une promesse de succession à Sultani Makenga, donne une résonance particulière aux avertissements de Félix Tshisekedi. Depuis plusieurs années, rappelle INFOS27, le chef de l’État dénonce les mécanismes de brassage et de mixage qui auraient permis, selon lui, au Rwanda de placer ses pions dans les rangs de l’armée congolaise.
Plus d’un an après sa signature, l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda peine toujours à transformer ses promesses diplomatiques en avancées concrètes sur le terrain. Selon le dernier rapport du Baromètre des accords de paix en Afrique, relayé par LE POTENTIEL, son taux global d’exécution est retombé à 33,3 % à la fin du mois d’octobre 2026, contre 35 % trois mois plus tôt. En cause, notamment, les divergences persistantes autour du dispositif opérationnel censé encadrer les engagements sécuritaires des deux parties.
Autre alerte dans l’Est du pays : les restrictions imposées par le FRN entravent l’accès des survivantes de violences sexuelles aux soins, dénonce Médecins Sans Frontières (MSF). Selon l’organisation, citée par CONGO FORUM, les autorités de facto de la province du Nord-Kivu, dirigées par le Front pour la refondation de la nation, ont notamment instauré des conditions supplémentaires pour la reconnaissance des cas de violences sexuelles.
Pendant ce temps, les violations des droits humains connaissent une hausse de 6 %. Selon RADIO OKAPI.NET, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a recensé 491 violations et atteintes aux droits humains en RDC au cours du mois d’août 2026.
Poursuivons cette revue de presse avec LA RÉFÉRENCE PLUS, qui accuse Yves Abdallah de vouloir transformer la RTNC en une « Radio Mille Collines » au service du Rwanda. Le journal évoque notamment des propos attribués à ce dernier, qui auraient appelé au meurtre de l’ancien président Joseph Kabila. Des accusations d’une extrême gravité qui nécessitent une attribution précise et une vérification rigoureuse.
Dans le secteur de la justice, le procès de l’influenceuse Dusauchoy est renvoyé au 18 novembre, nous apprend OURAGAN.CD. Selon des sources judiciaires, ce report fait suite au refus de la prévenue de comparaître sans l’assistance effective de ses avocats.
Le ministère public, rappelle INFOS7.CD, poursuit l’influenceuse pour apologie d’activités subversives liées au FRN/M23, propagation de faux bruits, injures publiques et outrage au chef de l’État.
Dans la province de la Mongala, le ministre provincial de l’Environnement, Félix Mosaka, a été désigné gouverneur intérimaire jusqu’à nouvel ordre. C’est le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, qui a pris cette décision dans un message officiel dont une copie est parvenue à la rédaction de 7SUR7.CD.
Terminons cette revue de presse avec LE POUVOIR DU PEUPLE.COM, qui révèle qu’un incendie s’est déclaré mercredi au Centre médical Diamant, situé sur l’avenue Mondjiba, à Kinshasa. Le sinistre a entraîné l’évacuation urgente des patients. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.
Tapie Lutunu et Réveil Congo

