La clôture du conclave de la C64 à Rome domine l’actualité congolaise de ce mercredi. La coalition de l’opposition annonce son intention de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin de favoriser un dialogue national inclusif, tout en rejetant la conquête du pouvoir par les armes et le contournement de la Constitution. Cette initiative suscite des réactions contrastées dans la presse : certains y voient une tentative de médiation, tandis que d’autres dénoncent des omissions et s’interrogent sur les responsabilités dans la crise sécuritaire à l’Est.
Les prises de position du cardinal Fridolin Ambongo sur les blocages du dialogue alimentent également le débat. Par ailleurs, l’opposant Prince Epenge a été transféré au parquet de Gombe après son passage au Conseil national de cyberdéfense. Sur le plan diplomatique, Félix Tshisekedi séjourne à Moscou pour le sommet Russie-Afrique. Enfin, des appels à un remaniement du gouvernement Suminwa se m.ultiplient, tandis qu’une grève du personnel médical perturbe le fonctionnement de l’ex-hôpital Mama Yemo.
Voici l’essentiel à retenir dans cette revue de presse.
REVUE DE PRESSE DU MERCREDI 28 OCTOBRE 2026
Sans surprise, nous ouvrons cette revue de presse avec la clôture du conclave de la C64. Dans sa déclaration finale, la coalition annonce son intention de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin de favoriser un dialogue national inclusif, rapporte LE NOUVEL OBSERVATEUR. La C64 condamne à la fois le maintien au pouvoir par contournement de la Constitution et la conquête du pouvoir par les armes.
Pour INFOS27, en proposant de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, la C64 s’installe en médiatrice d’un face-à-face qui risque de fausser la lecture de la crise congolaise. Pour le journal, réduire la guerre dans l’Est à un duel politique entre deux personnalités revient à brouiller la distinction entre les différends institutionnels internes et une agression impliquant des forces extérieures.
En proposant de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour « trouver une issue congolaise à la crise », CONGO NOUVEAU estime, de son côté, que la C64 s’arroge un rôle de facilitateur que son statut de coalition d’opposition ne lui confère pas nécessairement.
Une initiative qui, selon LE POTENTIEL, soulève des interrogations sur la place des confessions religieuses dans ce processus, mais aussi sur les chances de succès de cette nouvelle démarche.
Pour sa part, LE PHARE affirme que la C64 a ouvertement manifesté son allégeance au Rwanda. Alors que l’opinion attendait avec impatience une prise de position sur la création, par Joseph Kabila, du Front pour la refondation de la nation, les opposants auraient abordé le sujet avec prudence, évitant, selon le journal, de prendre position d’une manière susceptible de déplaire à leur prétendu « sponsor ».
Dans une tribune publiée par LA GAZETTE DU CONGO, le député national Olivier Katuala analyse les contradictions d’une condamnation qui ne désigne pas explicitement l’agresseur. Tout en reconnaissant la portée de la prise de position de la C64, il en dénonce les omissions, notamment concernant la responsabilité du Rwanda, le rôle de Joseph Kabila et les conditions d’un dialogue national.
À l’inverse, AFRICANEWS salue cette initiative, qu’il présente comme un sursaut patriotique et une tentative de la dernière chance.
De son côté, ACTU-SERVICE.NET, citant un journaliste, rapporte que Martin Fayulu aurait menacé de se désolidariser de ses partenaires en raison de l’absence d’une condamnation explicite de la démarche de Joseph Kabila dans le projet de déclaration finale. Le cardinal Fridolin Ambongo serait intervenu en coulisses pour rapprocher les positions et convaincre Martin Fayulu de privilégier la cohésion de la coalition.
Avant la réunion, le dilemme était avant tout politique, révèle RFI.FR : condamner l’ancien président Joseph Kabila pouvait être interprété comme un soutien au pouvoir de Kinshasa ; s’en abstenir risquait, en revanche, d’être perçu comme un rapprochement avec celui qui a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 pour des faits qualifiés de crimes de guerre et de trahison, et qui a pris la tête du mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation.
Depuis Assise, en Italie, le cardinal Fridolin Ambongo, relayé par LA RÉFÉRENCE PLUS, dénonce les lignes rouges, les préalables et les exclusions qui, selon lui, paralysent le dialogue national.
Une position qui, d’après FORUM DES AS, remet en question toute approche du dialogue fondée sur l’exclusion de certains protagonistes.
En réaction, LE QUOTIDIEN dénonce la sortie de l’archevêque de Kinshasa. Pour le journal, en plaidant pour une remise à plat des responsabilités juridiques et républicaines au nom d’une paix universelle, le prélat brouille délibérément la frontière entre l’adversité politique légitime et l’insurrection armée soutenue par l’étranger.
Dans le reste de l’actualité, après son passage au Conseil national de cyberdéfense, Prince Epenge a été transféré au parquet de Gombe. LE POTENTIEL nous apprend que cet opposant est poursuivi pour « propagation de faux bruits », en lien avec ses déclarations sur la mort de Manassé Lomboto, militant et chargé de la sécurité de son parti.
Autre sujet avec LA PROSPÉRITÉ, qui rapporte que le président de la République, Félix Tshisekedi, séjourne depuis hier, mardi, à Moscou pour participer au Sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre. Cette rencontre doit notamment porter sur le renforcement de la coopération politique, économique et diplomatique entre la Russie et les États africains.
Poursuivons cette revue de presse avec LA MANCHETTE, qui plaide pour un remaniement du gouvernement Suminwa. Sous le titre « Jusqu’où ira l’impunité ? », le journal estime que, moins d’un an après sa mise en place, le gouvernement dirigé par Judith Suminwa continue de décevoir. Selon sa lecture, les espoirs de rupture et de bonne gouvernance auraient rapidement cédé la place à une situation marquée par des accusations d’incompétence et de mauvaise gestion financière.
Nous terminons avec la grève des infirmiers et d’autres membres du personnel médical, qui perturbe le fonctionnement de l’ex-hôpital Mama Yemo. Sans les infirmiers, les laborantins, les pharmaciens et les autres professionnels de santé, les médecins ne peuvent pas assurer normalement leurs prestations, souligne FORUM DES AS.
C’était votre revue de presse. Merci de votre fidélité.
Tapie Lutunu et Réveil Congo

