La semaine démarre sur fond de fortes tensions politiques et sociales en République démocratique du Congo.
À quelques jours de l’échéance du 15 août fixée par la C64, les violences signalées contre des opposants et le saccage du siège de l’ECiDé ravivent les inquiétudes sur le climat démocratique et donnent un nouveau ton au bras de fer entre l’opposition et le pouvoir.
Dans le même temps, les divergences au sein de l’opposition autour du dialogue national inclusif restent persistantes, tandis que la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu alimente les spéculations sur une possible décrispation politique.
Sur le front diplomatique, le processus de Doha place désormais Kigali face à ses responsabilités dans la recherche d’une paix durable dans l’Est du pays. L’actualité sociale n’est pas en reste avec la reprise du travail des médecins après plusieurs semaines de grève et la menace d’un nouveau bras de fer avec les enseignants à l’approche de la rentrée scolaire.
REVUE DE PRESSE DU LUNDI 10 AOÛT 2026
Ouvrons cette revue de presse avec LA PROSPÉRITÉ, qui condamne les agressions ciblées contre des opposants au Camp Luka ainsi que le saccage du siège de l’ECiDé. Pour le tabloïd, ces actes ne sauraient être considérés comme de simples incidents isolés. Ils traduiraient plutôt une volonté manifeste d’étouffer le pluralisme démocratique par l’intimidation et la violence physique.
Dénonçant à son tour les violences enregistrées au siège de l’ECiDé et au Camp Luka, la C64 durcit le ton et maintient son ultimatum du 15 août. Dans un communiqué consulté par CONGO NOUVEAU, la coalition condamne fermement les attaques perpétrées contre ses membres.
La Coalition Article 64, ajoute CHRONIK’ECO, réaffirme également les positions exprimées dans ses communiqués des 20 et 29 juillet 2026 et rappelle que l’échéance du 15 août reste maintenue. À défaut de réponses concrètes à ses exigences, elle annonce la reprogrammation de sa marche.
Dans le même communiqué, parvenu également à LA RÉFÉRENCE PLUS, la C64 dénonce la détention prolongée d’Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary et réclame un procès équitable.
Toujours selon RADIOOKAPI.NET, la coalition salue la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu, précédemment confisqué. La C64 considère cette décision comme un geste susceptible de contribuer à la décrispation du climat politique, tout en demandant que cette mesure soit étendue à d’autres membres de l’opposition se trouvant dans une situation similaire.
Puisqu’on parle d’Olivier Kamitatu, FORUM DES AS rapporte que l’opposant accuse le pouvoir de vouloir façonner une opposition à sa convenance. Il rejette notamment l’idée d’un « auto-exil » et justifie sa décision de rester à l’extérieur du pays. Pour lui, la restitution de son passeport ne constitue pas, à elle seule, un véritable signal de décrispation politique.
De son côté, EXCLUSIF RDC évoque un possible dégel entre le camp Katumbi et le pouvoir de Kinshasa. La restitution du passeport d’Olivier Kamitatu, combinée au retour au Katanga de Raphaël Katebe Katoto, alimente les interrogations sur une éventuelle évolution des rapports entre les deux camps.
À quelques jours de l’échéance fixée par la Coalition Article 64, LE POTENTIEL constate que l’opposition congolaise peine toujours à dégager une position commune face au dialogue national souhaité par le pouvoir. Si plusieurs acteurs se disent favorables au principe d’un dialogue inclusif, les divergences persistent sur les conditions de participation, la médiation, les garanties à obtenir et la stratégie à adopter.
Toujours en politique, le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya Tshilumba, a publié une mise au point en réaction à une publication de Jean-Claude Katende sur le réseau social X, rapporte INFOS27. Il rejette toute interprétation laissant entendre qu’il aurait reconnu un échec du régime. Augustin Kabuya réaffirme que le pouvoir s’exerce dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation, conformément à la Constitution, et appelle à une lecture fidèle de ses déclarations.
Sur le front diplomatique, INFOS27 titre : « Processus de Doha : après le geste de Kinshasa, Kigali attendu sur la cessation durable des hostilités ». En appelant à la création de conditions propices à une paix durable, le processus de Doha adresse un signal clair : le Rwanda est désormais attendu sur des mesures concrètes susceptibles de favoriser une cessation durable des hostilités dans l’Est de la RDC et dans la région.
Une condition jugée indispensable à la poursuite des négociations et à la conclusion d’un accord de paix global.
Mais LE PHARE demeure sceptique quant aux intentions de Kigali. Pour le journal, il ne fait aucun doute que le Rwanda ne serait pas disposé à s’engager pleinement dans le processus de paix de Doha en vue du respect d’un cessez-le-feu susceptible de mettre fin à la crise sécuritaire qui sévit depuis plus de trois décennies dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans le reste de l’actualité, le bateau immobilisé la semaine dernière au port Bende Bende, à Maluku, en raison d’une suspicion d’Ebola, a finalement été autorisé à poursuivre son voyage avec ses passagers, rapporte LA RÉFÉRENCE PLUS. Aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été détecté à bord, a indiqué dimanche le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba Mulamba.
Après plus d’un mois de grève, les médecins des services publics affiliés au Syndicat national des médecins reprennent le travail ce lundi 10 août.
Selon LE POTENTIEL, le Synamed a décidé de suspendre le mouvement lancé le 24 juin dans 23 provinces de la RDC, à la suite de plusieurs avancées enregistrées dans les discussions avec le Gouvernement.
Cependant, le secrétaire général du Synamed, Dr John Senga, relayé par OURAGAN.CD, précise que cette suspension ne signifie pas la levée définitive de la grève. Le syndicat continue notamment de réclamer l’alignement rapide de près de 6 000 médecins à la prime de risque professionnel, le paiement de trois mois d’arriérés — avril, mai et juin 2026 — ainsi que la correction des grades et la mécanisation des médecins des services publics.
Dans le secteur de l’éducation, le compte à rebours est lancé. À trois semaines de la rentrée scolaire, le front syndical de l’Éducation nationale menace de bloquer les cours dans tout le pays, rapporte L’AVENIR. Les enseignants exigent désormais des actes concrets plutôt que de nouvelles promesses et placent le Gouvernement devant ses responsabilités. À défaut de matérialiser les engagements pris, le 1er septembre pourrait ouvrir une nouvelle période de tension sociale.
Terminons cette revue de presse avec AFRICANEWS, qui revient sur la dernière sortie médiatique de Constant Omari. L’ancien président de la FECOFA, qui a dirigé l’instance durant 18 ans, a dressé un réquisitoire sévère contre le système actuel du football congolais, dénonçant le retour, selon lui, de certaines pratiques et dérives qu’il affirme avoir éradiquées durant sa présidence.
NB : À suivre dès le 14 septembre, une nouvelle revue de presse consacrée exclusivement à l’actualité parlementaire.
Tapie Lutunu et Réveil Congo

