Image default
Environnement

RDC : encore la sous la menace du Volcan de Nyiragongo

La ville cosmopolite de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, est un véritable carrefour urbain avec ses deux communes et ses dix-huit quartiers abritant près de deux millions d’habitants. Cependant, sa situation géographique la place sous une menace constante, étant située à proximité immédiate du volcan Nyiragongo, l’un des volcans les plus actifs du monde, connu pour abriter le plus grand lac de lave dans son cratère principal.

L’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), institution étatique localisée au cœur de la ville, près du Mont Goma, a pour mission de surveiller en permanence le volcan Nyiragongo. Son rôle est crucial pour prévenir et alerter la population en cas de risque d’éruption, tout en proposant des activités pédagogiques actualisées pour le bien de la communauté. Cependant, cette institution vit aujourd’hui des heures sombres, presque à l’arrêt.

La vétusté des équipements de surveillance, les appareils hors service, le manque de moyens logistiques et financiers, et l’incapacité des chercheurs à se rendre sur le terrain faute de carburant pour les véhicules, dressent un tableau alarmant de l’état actuel de l’OVG. Depuis l’éruption volcanique du 22 mai 2021, les agents de l’OVG n’ont cessé de faire grève pour réclamer leurs primes et les fonds nécessaires au fonctionnement de l’institution. La dernière grève a commencé le 30 mai 2024. Devant la presse de Goma, Innocent Zirirane Bijandwa, président de la délégation syndicale de l’OVG, a annoncé que les agents ont cessé le travail en raison de l’impayé de leurs primes depuis presque six mois. Bien que ces primes aient été instaurées par le Président Félix Tshisekedi comme une aide d’urgence suite à la dernière éruption, elles sont rarement versées à temps. La dernière prime reçue remonte à décembre 2023, ont déclaré les agents de l’OVG.

Ce silence du gouvernement congolais face aux appels à l’aide, aux grèves et aux alertes en série provenant de l’Observatoire volcanologique de Goma est préoccupant. L’OVG, relevant du ministère national de la Recherche scientifique, souffre depuis des années d’un manque de financement adéquat, situation régulièrement évoquée par les précédents ministres de tutelle. Les fonds nécessaires devraient normalement être alloués par les ministères du Budget et des Finances, mais où vont-ils ? Pourquoi le décaissement est-il bloqué ? Sont-ils détournés ? Ces questions restent sans réponse.

Entre-temps, c’est la population de Goma qui est exposée à un danger constant. Lors de la dernière éruption du 22 mai 2021, l’OVG a admis avoir été aussi surpris que la population, incapables d’alerter à temps en raison du manque de moyens matériels, logistiques et financiers. Bien que la ville de Goma ait été miraculeusement épargnée par la lave qui s’est arrêtée à l’entrée du quartier Majengo, d’autres conséquences ont été dramatiques : déplacements massifs de populations dans des conditions inhumaines, décès, et destructions de maisons à cause des tremblements de terre post-éruption.

Le problème ne semble plus être attribué à l’ancien comité de gestion de l’OVG, souvent accusé d’incompétence et de détournements. Depuis novembre 2023, un nouveau comité, dirigé par le Professeur Georges Mavonga Tuluka, est en place, mais les difficultés persistent. La question de la fermeture de l’OVG se pose même parmi les habitants de Goma. Judith Suminwa Tuluka, la Première ministre de la République Démocratique du Congo, doit agir de toute urgence avec son gouvernement, car la vie des habitants de Goma en dépend.

Outre le Nyiragongo, Goma est également menacée par le lac Kivu, l’un des lacs méromictiques les plus dangereux d’Afrique, contenant d’importantes quantités de gaz toxiques. En cas de tremblement de terre intense, le lac pourrait dégazer brusquement, libérant du sulfure d’hydrogène, du dioxyde de carbone et du méthane, ce qui pourrait entraîner une catastrophe humaine. L’OVG a également pour mission de surveiller ce lac.

En conclusion, la ville de Goma, traversée par des fractures sismiques au sud du Nyiragongo jusqu’au lac Kivu, est en péril constant. Elle a un besoin urgent d’une surveillance scientifique et sismologique rigoureuse pour protéger ses habitants de potentielles catastrophes naturelles.

Décryptage Environnement Réveil Congo

Articles similaires

Pluie torrentielle du 12 & 13 Décembre 2022: Voici tout ce qui s’est passé en détails!

Rédaction

Amende sévère de 50 millions FC pour toute personne qui jettera des immondices ur la voie publique

Rédaction

Suspension des travaux d’une station-service à Kintambo : Acacia Bandubola explique la décision du gouvernement !

Rédaction

Kasaï-Central/Demba : les jeunes volontaires s’engagent à réaménager les sources d’eau du quartier Lusanga

GLMLuban

Caire : Acacia Bandubola conduit la délégation congolaise à la 12ème session du Forum Urbain Mondial

Rédaction

Merveille Muleka, Éco-entrepreneure et pionnière de l’énergie verte en RDC

Rédaction