Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, réélu pour un second mandat sans obtenir de majorité absolue pour son parti au Parlement, a prêté serment mercredi lors d’une cérémonie grandiose à Pretoria.
La cérémonie officielle a débuté à la mi-journée au siège du gouvernement, connu sous le nom de Union Buildings et situé sur les collines de la capitale sud-africaine.
« Union nationale »
Chef d’État et président du Congrès national africain (ANC), parti dominant en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid, Cyril Ramaphosa est devenu président de la République pour la première fois après la démission de Jacob Zuma en février 2018. Élu par la suite en 2020, il a été réélu pour cinq ans par l’Assemblée nationale la semaine dernière, après des élections législatives le 29 mai qui ont infligé un revers important à l’ANC.
Sanctionné dans les urnes dans un contexte de pauvreté croissante, de chômage endémique et de scandales de corruption, le parti historique a perdu pour la première fois sa majorité absolue au Parlement, tombant sous la barre des 50 % des voix. Il ne détient plus que 159 des 400 sièges de députés, lesquels élisent le président.
Cyril Ramaphosa devra désormais gouverner un gouvernement de coalition, une première en trois décennies de démocratie, en partageant le pouvoir avec une partie de l’opposition. Les négociations pour la formation du nouveau gouvernement sont toujours en cours, et les spéculations vont bon train sur les ministères que l’ANC devra céder.
Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), un parti libéral encore largement perçu comme blanc, détenant 87 sièges à l’Assemblée, a répondu à l’appel de M. Ramaphosa pour constituer un « gouvernement d’union nationale ». De même, le parti nationaliste zoulou Inkatha Freedom Party (IFP), qui a remporté 17 sièges de députés, et deux autres petites formations politiques ont accepté de se joindre.
Les radicaux de gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF) dirigés par l’impétueux Julius Malema, ainsi que le parti uMkhonto weSizwe (MK) de l’ex-président inéligible Jacob Zuma, se sont rapprochés ces derniers jours, promettant chacun d' »anéantir » l’alliance gouvernementale « dirigée par des blancs ». Le MK, qui a déposé un recours contestataire des résultats des élections législatives, a annoncé dans un communiqué que ses députés élus n’assisteront pas à « la cérémonie d’investiture grotesque de Cyril Ramaphosa », qualifiant ce dernier de « pantin » manipulé par la DA.

