Le processus électoral en Ouganda s’est soldé par un lourd bilan humain. Trente opposants ont été tués lors des manifestations pré et post-électorales liées aux dernières élections présidentielle et législatives. Ce chiffre a été reconnu par le chef d’état-major de l’armée ougandaise (UPDF), le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Kaguta Museveni, dans une déclaration relayée par RFI le 24 janvier 2026.
Cette reconnaissance officielle apparaît toutefois comme une tentative de minimisation. L’opposition et la société civile évoquent plus d’une centaine de morts, un bilan jugé crédible au regard des pratiques habituelles du régime, souvent accusé de sous-estimer les violences liées aux processus électoraux. Au pouvoir depuis 43 ans, Yoweri Museveni est déterminé à se maintenir à la tête de l’État ou, à défaut, à préparer sa succession dynastique, quitte à réduire au silence toute voix dissidente.
Les menaces répétées visant Bobi Wine, principal opposant et candidat malheureux à la présidentielle du 15 janvier, illustrent un climat de répression extrême. Plusieurs opposants vivent désormais dans la clandestinité, craignant pour leur vie.
Face à cette dérive autoritaire et à ce bilan macabre, la communauté internationale est appelée à sortir de la simple rhétorique de condamnation. Le silence ou l’inaction équivaudraient à une non-assistance à des populations en danger. L’opposition ougandaise, quant à elle, est invitée à braver la peur et à s’organiser pour défendre la démocratie, la vraie, face à des élections de façade et à un pouvoir prêt à tout pour se perpétuer.

