La justice française est confrontée à une affaire criminelle d’une ampleur exceptionnelle. Jacques Leveugle, âgé de 79 ans, a été mis en examen et placé en détention provisoire en février 2024. Il est soupçonné d’avoir commis des viols et agressions sexuelles aggravés sur au moins 89 mineurs, entre 1967 et 2022, dans plusieurs pays, ainsi que d’avoir tué sa mère et sa tante.
L’enquête débute en septembre 2023 près de Grenoble. Le neveu du suspect, inquiet du comportement passé de son oncle, remet aux gendarmes plusieurs clés USB. Les enquêteurs y découvrent quinze volumes de mémoires dans lesquels Jacques Leveugle décrit lui-même ses crimes. Il s’y présente comme un « boy-lover », affirmant séduire des adolescents par l’intellect et la culture plutôt que par la violence.
Selon le parquet de Grenoble, les faits auraient été commis en France, mais aussi à l’étranger, notamment en Suisse, en Allemagne, au Maroc, aux Philippines, en Inde ou encore en Colombie. Le suspect aurait profité de ses activités d’enseignant ou de soutien scolaire pour approcher des garçons âgés de 13 à 17 ans. À ce stade, 89 victimes ont été recensées.
Dans ses écrits, Jacques Leveugle reconnaît également deux meurtres. En 1974, il aurait étouffé sa mère, atteinte d’un cancer en phase terminale, affirmant vouloir « abréger ses souffrances ». En 1992, il aurait fait de même avec sa tante âgée de 92 ans, en Suisse. Ces faits font l’objet d’enquêtes distinctes.
Face à l’âge avancé du suspect et aux délais de prescription, le procureur a lancé un appel à témoins. Les autorités exhortent toute victime potentielle à se manifester rapidement, l’instruction devant être clôturée en 2026. Cette affaire soulève de lourdes questions sur l’emprise psychologique, la sérialité criminelle et la difficulté, pour certaines victimes, de se reconnaître comme telles après des décennies de silence.
La Rédaction

