Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir ce mardi pour des consultations à huis clos consacrées à la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Cette réunion intervient à la demande de la France, dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans l’est du pays, notamment après une attaque de drone survenue à Goma.
La frappe, enregistrée le 11 mars dans la capitale du Nord-Kivu, a coûté la vie à une employée du UNICEF. Cet incident a suscité une vive réaction au sein de la communauté internationale. Plusieurs membres du Conseil de sécurité devraient condamner cette attaque et rappeler l’importance de garantir la sécurité des civils ainsi que celle du personnel humanitaire.
Dans une réaction publiée le jour même de l’attaque, la mission de l’ONU en RDC, la MONUSCO, a averti que les violences dirigées contre des agents des Nations unies pourraient être considérées comme des crimes de guerre au regard du Statut de Rome.
L’incident a également été dénoncé par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, qui a appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes de l’attaque. L’Union européenne a formulé une demande similaire, tandis que les autorités congolaises ont annoncé l’ouverture d’investigations dans un communiqué publié le 13 mars.
Selon une note interne du secrétariat des Nations unies datée du 12 mars, la MONUSCO aurait déjà effectué une première évaluation de l’incident, sans pour autant désigner de responsables à ce stade, indiquent des sources diplomatiques.
Cette attaque intervient dans un climat de forte tension dans l’est de la RDC, où les Forces armées de la République démocratique du Congo poursuivent leurs opérations militaires contre la rébellion du Mouvement du 23 mars. L’usage de drones armés s’intensifie dans cette zone de conflit.
Les échanges au Conseil de sécurité devraient également porter sur les initiatives visant à instaurer un cessez-le-feu durable. La résolution 2808, adoptée en décembre 2025 par le Conseil, prolonge pour une année supplémentaire le mandat de la MONUSCO et appelle toutes les parties impliquées à appliquer rapidement leurs engagements en faveur d’un cessez-le-feu réel et vérifiable.
Dans une correspondance adressée au Conseil le 27 février, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a évoqué des avancées dans la mise en place d’un mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu (COVM). Ce dispositif est envisagé dans le cadre du processus de médiation de Doha, conduit par le Qatar entre le gouvernement congolais et le M23.
Le secrétaire général préconise une approche progressive et adaptable pour soutenir ce processus. Celle-ci pourrait inclure le déploiement de plusieurs unités militaires supplémentaires, notamment deux bataillons d’infanterie légère, un bataillon d’intervention rapide ainsi qu’une équipe médicale avancée chargée des évacuations d’urgence. Au total, entre 1 500 et 2 500 soldats additionnels pourraient être nécessaires pour renforcer la stabilisation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Par ailleurs, le 2 mars, les États-Unis ont annoncé des sanctions visant quatre hauts responsables militaires rwandais ainsi que les Forces de défense du Rwanda en tant qu’institution. Cette décision a été saluée par les autorités de Kinshasa, alors que Rwanda l’a qualifiée de mesure unilatérale.
Tigana Kanku

