Au mois de février dernier, La Libre Belgique avait mené une enquête de terrain en Afrique et rencontré plusieurs acteurs de la société civile katangaise. Ces derniers dénonçaient un « accaparement structurel et structuré » des richesses de leur province, orchestré selon eux par des membres de la famille du président de la République, Félix Tshisekedi.
Les révélations sont édifiantes : « L’unité de mesure de ce vol organisé est le million de dollars », affirmaient les interlocuteurs, sous couvert d’anonymat par crainte de représailles. « Oser parler est dangereux dans ce pays. Il y a une vraie chasse menée par les militaires et des agents de sécurité, essentiellement issus du Kasaï, contre ceux qui brisent le silence. » Selon ces témoignages, l’exploitation minière illégale génère des sommes colossales qui profiteraient à la famille présidentielle et à des entrepreneurs sans scrupules.
Ce mardi, une plainte a été déposée devant la justice belge contre neuf membres du clan présidentiel, accusés d’être « coauteurs et complices d’actes de corruption et autres comportements infractionnels » liés au pillage de sites miniers dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Chaque mois, ce serait ainsi « des dizaines de millions d’euros » qui seraient détournés des caisses de l’État, selon le dossier.
Cette action judiciaire, initiée notamment par plusieurs organisations non gouvernementales katangaises, vise à dénoncer le pillage systématique des ressources minières et à exiger que lumière soit faite sur ces pratiques.
Source : lalibre.be

